S’il s’est éloigné du poste de réalisateur depuis plus d’une décennie, privilégiant son travail de scénariste et de co-producteur (il a officié sur Hard Target 2, Final Recipe) George Huang revient à ses premières amours avec Week-end à Taipei. Comprenant au casting Luke Evans, Gwei Lun Mei et Sung Kang, ce nouvel essai se concentre sur le périple d’un agent de la DEA renouant avec une figure de son passé alors qu’il traque un trafiquant sur le sol taïwanais.
Ayant échappé de peu à la faillite en 2020 (elle fût sauvée in extremis par Vine Alternative Investments), EuropaCorp effectue un retour en catimini dans les salles obscures avec Week-end à Taipei, un actioner cherchant à attirer de nouveau dans ses filets les amateurs des productions estampillées Luc Besson, qui fleurissaient au début des années 2000 avec une formule pré-établie, où un habillage rutilant gommait les défauts d’un script en mode automatique. Mais même s’il fût un temps où découvrir ces films à la qualité plus qu’aléatoire pouvait s’avérer un expérience sympathique (souvent lors de soirées entre potes où l’envie de poser son cerveau se fait pressente), le manque de renouvellement de la machine EuropaCorp aura mené à sa perte.
Cinq ans après la sortie du très oubliable Anna, le long-métrage de George Huang marque t-il le départ d’une nouvelle ère pour la firme ? Malheureusement, rien de neuf sous le soleil avec cette proposition ne parvenant jamais à passer la seconde, la faute à une intrigue simpliste mêlant des éléments piochés ci-et-là dans le genre pour mieux les recracher sans réelle volonté de tracer sa propre route. Quand une tête brulée de la DEA se la joue solo pour débusquer un narcotrafiquant, on peut s’attendre à une traque musclée où les poings et la poudre parlent de concert, du moins en théorie. Ici, l’idée est de mixer un zeste de Wasabi avec une pincée de Fast & Furious (référence appuyée par la présence de deux membres de la saga au casting) pour pimenter l’ensemble, histoire de donner du corps au récit, qui prend le parti de l’actioner teinté de comédie familiale.
En effet, en posant le pied à Taipei pour ‘des vacances’, ce casse-cou de John Lawlor voit son passé resurgir de manière pour le moins cocasse, l’épouse du criminel qu’il cherche à coffrer étant son ancienne petite amie. Et pour couronner le tout, cette dernière a un enfant, qui, comme il est rapidement révélé, n’est autre que le sien. Ce qui devait être une mission en sous-marin devient dès lors une session de retrouvailles pour notre héros, devant désormais aider les siens à se sortir des griffes de ce fameux Kwang, aux abois face à l’hypothétique effondrement de son empire. Sur le papier, ce postulat aurait pu donner lieu à un actioner un minimum sympathique, d’autant plus en adoptant un regard ironique sur ce qu’il se passe à l’écran comme le tente le premier acte.
Sauf que le script écrit à quatre mains par George Huang et Luc Besson préfère foncer tête baissé vers la simplicité en ne pensant qu’à l’instant présent sans chercher à élever ne serait-ce que d’un cran les enjeux du scénario. Ainsi, une fois nos protagonistes réunis dans la même voiture pour fuir face à leur ennemi commun, il n’y a plus grand chose à se mettre sous la dent, Week-end à Taipei se contentant de nous préparer à une fin que l’on voit venir à des kilomètres, un rabibochage en règle et une déculottée pour notre bad guy. Si l’on aurait pu penser que le réalisateur allait pallier à cette faiblesse d’écriture par une mise en scène nerveuse, là aussi la déconvenue est de mise puisque que ce soit au niveau des séquences de crêpage de chignon ou des courses poursuites, le tensiomètre est à zéro, les champs/contre-champs cassant systématiquement le rythme.
Le terrain de jeu offert par la topographie de Taipei n’est pas utilisé à bon escient, ce qui est dommage car il y avait de quoi s’amuser. Reste alors la partition de la distribution, pour donner le change, le quatuor formé par Luke Evans, Gwei Lun Mei, Sung Kang et le jeune Wyatt Yang essayant de croire à cette réunion de famille tout feu tout flamme malgré le peu d’espace fourni pour s’exprimer, le but étant juste d’accélérer vers la ligne d’arrivée sans prise de tête.
Ni divertissant ni nanardesque, Week-end à Taipei se range dans la catégorie des films de série B insignifiants, qui aurait dû sortir directement en vidéo plutôt que d’avoir le droit à une exploitation en salles, George Huang se contentant du minimum syndical en termes d’écriture et de mise en scène. Un nouveau revers pour EuropaCorp, qui devrait réellement revoir sa copie question production.



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