Ce week-end du 8 au 10 décembre, le public américain pouvait découvrir dans les salles obscures Le Garçon et le Héron de Hayao Miyazaki, Pauvres Créatures de Yórgos Lánthimos, Waitress : The Musical de Brett Sullivan, Diane Paulus et Jessie Nelson, The Oath de Darin Scott, Origin d’Ava DuVernay, Anselm (Le Bruit du temps) de Wim Wenders ou se replonger dans les univers de Piège de Cristal et Love Actually. Parmi ces huit propositions, une est parvenue à tirer son épingle du jeu. Laquelle ? Analysons les chiffres.

En cé début décembre, le public ne semble pas d’humeur à se faire une toile, ne se bousculant pas dans les cinémas – comme en témoigne les résultats du box office américain. Dans ce contexte morose, les propositions originales ont paradoxalement plus de chances de se démarquer, ce que l’on constate avec Le Garçon et le Héron, qui s’envole directement sur la plus haute marche du podium, dégageant par la même occasion Renaissance : A Beyoncé Movie du trio de tête.
Pour son premier week-end d’exploitation, le nouveau long-métrage de Hayao Miyazaki a su attirer la curiosité, récoltant ainsi 12,9M$. Soit le meilleur démarrage pour une production Ghibli au pays de l’Oncle Sam, battant le record précédemment détenu par Arrietty, le petit monde des chapardeurs – qui avait engrangé 6,4M$ à l’occasion de son lancement il y a de cela treize ans sous l’égide de Walt Disney Studios Motion Pictures (ex-Buena Vista Pictures Distribution Inc.). De quoi consolider la réputation du distributeur GKIDS, qui se spécialise dans les films d’animation étrangers.
Cumulé aux billets verts obtenus dans le reste du globe, Le Garçon et le Héron peut se targuer d’amasser pour le moment 97,1M$ de recettes, apportant une preuve supplémentaire de la bonne santé du cinéma d’animation en cette année 2023, sachant captiver le spectateur.

S’il avait dû botter en touche et céder son trône à Beyoncé le week-end dernier, Hunger Games : La Ballade du Serpent et de l’Oiseau Chanteur se reprend en main – résistant du mieux qu’il peut en deuxième position, avec un bon maintien à la clé financièrement parlant.
En plus de se stabiliser au classement, le prequel de la saga dérivée des romans de Suzanne Collins – mis en scène par Francis Lawrence – freine sa chute en terme de fréquentation, celle-ci déclinant de 34,4%. Ce qui se traduit par l’ajout de 9,2M$ à son box office, qui atteint désormais 135,5M$ et ce en près d’un mois de carrière. Cela reste faiblard pour la franchise, qui a toujours été puissante au box office, ses deux premiers volets ayant notamment passés le seuil des 400M$ mais en continuant à se montrer robuste, ce cinquième épisode se rapproche d’un score honorable – ce qui aura été rare ces derniers temps dans le monde des blockbusters, beaucoup ayant contre-performé.
Élargissant son emprise dans les salles obscures du monde entier, La Ballade du Serpent et de l’Oiseau Chanteur prend davantage de hauteur, ses recettes culminant à 258,2M$, lui assurant de rentrer dans ses frais puisque son budget est estimé à 100M$. Par contre nous resterons loin des résultats obtenus par ses quatre prédécesseurs sur la surface du globe, qui vont de 653,4M$ (La Révolte Partie 2) à 865M$ (L’Embrasement).

S’en sortant mieux que prévu sur le territoire US, Godzilla Minus One prolonge son périple et confirme qu’il a de l’énergie (nucléaire) à revendre, poursuivant sa tournée fracassante sur la troisième et dernière marche du podium.
En grande forme, la nouvelle production de la Toho consacrée au plus célèbre de ses Kaiju – réalisé par Takashi Yamazaki – ne perd que peu de plumes, sa fréquentation vacillant de seulement 24,8% en ce second week-end. En résulte l’apport de 8,5M$ supplémentaires à son box office, qui s’élève à 25,5M$ en l’espace de dix jours. Un bien bel exploit, surpassant de loin la carrière de Godzilla 2000 : Millennium, qui avait conclu son parcours avec 10M$ en poche. Le long-métrage explose également le total de Shin Godzilla qui, il y a près de sept ans, n’avait englobé que 1,9M$, un faible score dû à une sortie en catimini.
Ne baissant pas non plus sa garde à l’international, Godzilla Minus One obtient pour le moment 52,2M$ de recettes sur la surface du globe – ce qui est excellent étant donné que son budget avoisine les 15M$.