Sept ans après La Nuit Au Musée : Le Secret Du Pharaon, Shawn Levy fait son retour derrière la caméra avec Free Guy, qui réunit Ryan Reynolds, Jodie Comer, Lil Rel Howery, Joe Keery, Utkarsh Ambudkar ou encore Taika Waititi au casting et nous fait suivre employé de banque, découvrant un jour qu’il n’est en fait qu’un personnage d’arrière-plan dans un jeu vidéo en ligne…

Concentré depuis quelques temps sur le développement de Stranger Things, dont il est l’un des producteurs, Shawn Levy opère son retour sur le grand écran en prenant les manettes de Free Guy. Une comédie consacrée à l’univers des jeux-vidéos oscillant entre produit pop à la mécanique – trop – bien huilée et délire cynique à l’humour poil à gratter, pour un blockbuster certes loin d’être original mais qui s’avère rafraîchissant en cette période estivale.

Mixant dans un esprit bon enfant des éléments de The Truman Show, La Grande Aventure Lego et Ready Player One, cette aventure au pays des pixels se veut dans l’ère du temps (à l’heure où ces lignes sont écrites bien entendu) en se concentrant sur le fameux concept de l’open world, un mode de jeu offrant un large champ des possibles pour les joueurs y naviguant ainsi que pour les développeurs, qui peuvent multiplier les mises à jour et autres ‘add-ons’ à destination du public – afin de prolonger leur expérience. Deux faces d’une même pièce qui se retrouvent dans le scénario concocté par Matt Lieberman et Zak Penn – qui a d’ailleurs officié sur le film de Steven Spielberg précédemment cité – qui s’amuse de l’aspect ludique/débridé propre à cet espace de liberté des plus régressif tout en n’oubliant pas de pointer certains travers de l’industrie à l’époque de la start-up nation.

Ce constat s’opère à travers la quête existentielle de Guy, un employé de banque vivant à Free City – une ville où une certaine anarchie règne sous un ciel bleu azur – se complaisant dans une vie faite de rituels réglés comme du papier à musique dont un braquage quotidien de l’établissement où il est employé. Une réalité qui n’en est pas une car notre protagoniste n’est en fait qu’un PNJ (personnage non jouable) d’un jeu en ligne au succès planétaire et n’a aucune idée de la vacuité de son existence. Jusqu’au jour où une rencontre fortuite avec l’avatar d’une joueuse au doux nom de Molotovgirl va venir casser sa routine et servir de point de départ à l’émancipation de notre héros en devenir, ce dernier voyant son petit monde étriqué s’agrandir devant ses yeux.

En s’amusant avec les codes propres à la grammaire du jeu-vidéo, ce voyage initiatique s’avère distrayant en se montrant à la fois généreux dans le domaine du grand spectacle tout en n’oubliant pas de donner la part belle à l’humain, ce qui est récurrent dans le cinéma de Shawn Levy qui s’est souvent inspiré du style ‘Amblin’. Cette dimension est ainsi présente à la fois dans le monde ouvert auquel nous sommes introduits mais également en coulisses, permettant de mettre en lumière les zones d’ombres régnant dans l’industrie. Si l’on pourra regretter quelques vannes faciles et des tropes datés sur la culture geek, il est à souligner qu’on se laisse aisément porter par les aventures de Guy au sein de Free City, Matt Lieberman et Zak Penn ayant trouver le bon angle pour traiter de cette escapade au pays des pixels sans que la redite se fasse réellement sentir à l’écran, en partageant leur récit entre le virtuel et le réel.

Que ce soit côté serveur ou côté développeur, nous assistons à une montée en puissance de la figure de l’outsider, qui passe du second au premier plan pour s’affirmer et rendre justice. Au cœur de Free City, notre PNJ doté d’une conscience se décide à jouer les héros, ce qui a pour effet miroir de renforcer le combat d’une conceptrice de jeu, Millie, bien décidé à réparer les torts causés par un patron peu scrupuleux et tout puissant. De cette relecture de David contre Goliath, Free Guy critique l’impérialisme des studios, de ces ogres qui se goinfrent du travail des autres sans aucun scrupules et ne pensent qu’aux profits en oubliant le facteur humain. Un message qui apparaît comme pertinent à une période où les grands pontes du jeu-vidéo/de Hollywood ne misent que très rarement sur l’originalité, préférant miser sur des franchises bien établies sauf qu’il faut rappeler que le long-métrage est produit par Disney (20th Century Studios leur appartient), ce qui peut diminuer l’impact de ce tacle – d’autant plus lorsque le dernier acte met exactement en pratique ce qui est dénoncé, pour un petit coup de communication qui apparaît comme cynique.

Quoiqu’il en soit, en composant avec une galerie de personnages plutôt attachants – si l’on excepte celui du patron sans vergogne incarné par un Taika Waititi irritant – Shawn Levy et ses scénariste nous convient à une partie plutôt rafraîchissante, pleine de bons sentiments et avec un léger esprit frondeur, qui doit beaucoup à la justesse de son casting. Fidèle à lui-même Ryan Reynolds se révèle fortement attachant en Candide 2.0 et le tandem qu’il forme avec Jodie Comer est détonnant, la comédienne étant d’ailleurs le meilleur atout du film avec un double rôle lui permettant de s’éclater en héroïne badass tout en montrant un côté plus doux et sensible de l’autre côté de l’écran, dans la peau de Millie. La direction d’acteurs est donc maitrisée, tout comme la réalisation, Levy étant inspiré par son sujet avec une mise en scène dynamique sachant retranscrire la frénésie découlant de ces jeux en ligne où tout va à cent à l’heure dans l’anarchie la plus complète.

S’il y a quelques bugs à l’arrivée, force est de constater que Free Guy offre une parenthèse pop et acidulée qui se laisse apprécier, pour une immersion divertissante dans l’univers du jeu-vidéo, Shawn Levy rendant notamment hommage à ces figures de second-plan qui sont pourtant essentiels – que ce soit dans l’industrie ou plus globalement dans la vie de tous les jours. S’il ne sort pas des sentiers battus, ce blockbuster fonctionne grâce au cœur porté à son ouvrage et à la bonhommie de son casting, en particulier le duo Ryan Reynolds/Jodie Comer – au diapason.

20th Century Studios

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