[Critique] Bob L’Éponge – Le Film : Éponge En Eaux Troubles, recherche Gary désespérément

Cinq ans après Bob L’Éponge – Le Film : Un Héros Sort De L’Eau, l’écosystème haut en couleurs de Bikini Bottom revient sur grand écran débarque sur Netflix – en conséquence au coronavirus – pour son troisième long-métrage. Intitulé Bob L’Éponge – Le Film : Éponge En Eaux Troubles et réalisé par Tim Hill, qui est d’ailleurs l’un des membres de l’équipe créative de la série animée de Stephen Hillenburg, le film nous embarque dans la quête désespérée de Bob pour retrouver Gary, son fidèle et baveux compagnon…

Avec Bob L’Éponge – Le Film : Éponge En Eaux Troubles, Tim Hill respecte le cahier des charges propre à la série animée, que l’on connaît depuis maintenant plus de vingt ans, nous proposant une aventure délirante qui est certes divertissante mais qui se repose trop sur ses lauriers pour surprendre les fans de la première heure.

En effet, le principal problème de ce troisième long-métrage est qu’il reprend le canevas de ses prédécesseurs à savoir emmener Bob, Patrick et leurs petits camarades dans un road-trip avec pour but la recherche d’un MacGuffin. Alors après la couronne de Neptune et la recette du fameux pâté de crabe, c’est cette fois-ci notre pauvre Gary, l’animal de compagnie de l’éponge carré, de devenir le catalyseur du voyage de ce dernier. Suite à son escargotnapping – orchestré par ce vil Plankton – Bob et son étoile de mer d’ami se lancent ainsi à sa recherche pour une épopée riche en rebondissements et en digressions.

Avec une énergie communicative, le long-métrage s’active à nous propulser dans un périple vers la Cité Perdue d’Atlantic City, lieu de perdition où Gary est détenu par le roi Poséidon, adepte du paraître. Une intrigue bateau qui se laisse tout de même suivre sans déplaisir grâce à la propension de nos scénaristes (Tim Hill, accompagné de Jonathan Aibel et Glenn Berger) à partir dans tous les sens, ce qui fait notamment le charme de la série Bob L’Éponge. Sauf qu’ici dans Éponge En Eaux Troubles, on sent que les rames ont été sorties en ce qui concerne quelques idées farfelues, qui se voient étirées au maximum et pénalisent le rythme.

Si les délires de Bob et Patrick, dont la bêtise et la naïveté sont intacts, prêtent souvent à sourire – particulièrement lors de leur incursion dans la ville du vice alias Atlantic City – on peut regretter le passage obligé dans le monde réel. Marque de fabrique des longs-métrages, incluant des caméos d’acteurs à la clé, cette séquence n’a ici aucun intérêt avec une virée au sein d’un Far-West peuplé de « cow-boys-pirates-zombies mangeurs de cerveaux » inutilement longue, qui ne vaut que pour l’introduction de Keanu Reeves qui lui se marie bien à la fantaisie ambiante. Autre ajout non-nécessaire, celle de nous faire une présentation du futur spin-off de la série, Kamp Koral – SpongeBob’s Under Years en agrémentant l’acte final du film avec des flash-backs liant nos héros dès l’enfance, quitte à créer des incohérences concernant la rencontre de Bob avec Patrick, Sandy et Carlo, de quoi énerver les puristes et renforcer le sentiment que ce troisième long-métrage ne sert que de vitrine promotionnelle, ce qui est dommage.

Malgré ces réserves, notons qu’au niveau de l’humour certaines vannes font mouche et que dans l’ensemble, malgré quelques passages passages à vide, on sourit devant la maladresse et les idioties de nos héros qui, visuellement, font peau neuve avec une animation qui – à l’instar des précédent opus – est entièrement faite par ordinateur. Un choix qui aurait pu être déstabilisant pour le public mais qui se révèle payant puisque l’on adhère facilement à ce style. Nos habitants de Bikini Bottom restent les mêmes énergumènes que ce soit en animation traditionnelle ou non. D’ailleurs la réalisation de Tim Hill conserve dans sa globalité l’essence de Bob L’Éponge, réhaussant certaines faiblesses du scénario avec une mise en scène survitaminée et colorée, ajoutant une dose de fun non négligeable à ce délire en demi-teinte.

Pour sa troisième aventure en grand format Bob L’Éponge montre des signes de faiblesse malgré son énorme capital sympathie. En tirant sur des ficelles ayant déjà trop servi et en servant de matériel promotionnel à de futurs projets, Éponge En Eaux Troubles convainc moins que ses prédécesseurs même si les rires sont de mises. Cette recherche désespérée de Gary ne tient donc pas toutes ses promesses malgré sa frénésie.

© Netflix

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