[Critique] Black Box, plongée en souvenirs troubles

Deuxième opus de l’anthologie horrifique Welcome To The Blumhouse proposée sur Amazon Prime Video, Black Box est le premier long-métrage d’Emmanuel Osei-Kuffour Jr., réunissant au casting Mamoudou Athie, Phylicia Rashad, Amanda Christine, Tosin Morohunfola, Charmaine Bingwa, Troy James et nous faisant suivre le traitement expérimental d’un homme souffrant d’amnésie suite à un accident…

Avec Black Box, Emmanuel Osei-Kuffour Jr., nous convie à un thriller psychologique reposant sur un concept intriguant mais ne tenant pas toutes ses promesses, la faute à un scénario cherchant à étirer son intrigue inutilement, lui faisant perdre de son efficacité.

L’expérience mémorielle proposée par le réalisateur avec la complicité de Stephen Herman, qui a co-écrit le long-métrage à ses côtés, partait d’un bon pied avec une première partie consacrée à la difficulté de son personnage principal, Nolan, un père ayant perdu sa femme dans un accident de voiture dans lequel lui-même est passé près de la mort. Un drame l’ayant rendu lui-même amnésique. C’est donc un homme troublé que nous découvrons, dont la perte de repères entraîne des complications dans la vie de tous les jours, ayant l’impression de vivre dans la peau d’un inconnu. En se consacrant à ce portrait de veuf et mettant en avant sa relation avec sa fille, sa boussole au milieu de cet océan d’incertitudes, Black Box créé le lien émotionnel nécessaire pour nous impliquer dans sa démarche. Cet amour filial est d’ailleurs le cœur de l’intrigue du film, l’élément qui fonctionne le mieux dans le parcours de notre patient à la recherche de ses souvenirs et qui se révèle être la clé pour nous ouvrir la porte de la science-fiction.

Si le processus médical auquel prend part Nolan, nous plongeant dans son subconscient, promet sa dose de mystère, les premiers voyages au centre de sa mémoire se montrent malheureusement redondants, reposant sur des canevas trop classiques lorsqu’il s’agit d’instaurer un semblant de tension. Une limite rapidement atteinte, que semble reconnaître notre tandem de scénaristes puisque ceux-ci décident de jouer leur carte maîtresse en plein milieu de leur œuvre, tentant de redonner du souffle à leur intrigue en dévoilant leur jeu plus tôt que prévu. Un choix qui s’avère judicieux, le retournement de situation – dont on en devinait les lignes à travers les indices laissés à notre portée – permettant un léger changement de ton dans cette seconde partie, flirtant avec une atmosphère fantastique empruntée à La Quatrième Dimension (où à Black Mirror c’est au choix) et donnant corps à son concept.

En rebattant les cartes sur le dessein se cachant derrière le traitement expérimental de Nolan, Black Box regagne en intérêt, le capital sympathie émanant de notre victime étant mis à l’épreuve alors que la question de son identité et de son futur deviennent de plus en plus flous. Ce qui devient un périple dans la tête d’un autre fonctionne à peu près, malgré une fin que l’on voit arriver à des kilomètres, en ne perdant pas de vue son aspect émotionnel et humain quand l’extraordinaire se produit. Ainsi, ce qui devient un combat intérieur pour une deuxième chance dans la vie n’est pas dénué d’intérêt grâce à l’importance portée par Emmanuel Osei-Kuffour Jr. et Stephen Herman à la cellule familiale, véritable sujet du film et ce qui en fait sa force face à un concept dont l’efficacité est fluctuante.

La réalisation d’Osei Kuffour Jr. aide à notre immersion au sein de cette expérience scientifique peu banale, sa mise en scène étant inspirée lors des séances hypnotiques et séquences se jouant dans le subconscient de notre protagoniste central, avec un style et des trouvailles visuelles se rapprochant légèrement du genre horrifique. Nous sommes bien entendu loin d’être effrayé par ce que nous voyons à l’écran mais ces petits notes plus sombres ajoutant un certain charme à l’ensemble. Retenons également la prestation de Mamoudou Athie, qui doit composer avec un personnage comprenant plusieurs nuances et y parvient grâce à son implication, qui se ressent à l’écran de même que son alchimie avec la jeune Amanda Christine. L’actrice s’en sort très bien dans le rôle de cette fille aimante et faisant tout pour aider son père, l’atout cœur de Black Box.

Nous offrant un divertissement plus solide que The Lie, Black Box s’avère être un opus plaisant à suivre de cette anthologie Welcome To The Blumhouse. Pour son premier long-métrage, Emmanuel Osei-Kuffour Jr. nous convie à une session thérapeutique troublante pour un thriller certes convenu, pénalisé par un concept limité qui est tiré en longueur, mais ne manquant pas de charme et de cœur. S’il ne restera pas dans les mémoires, Black Box se laisse regarder et apprécier.

© Amazon Studios

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