[Critique] Hotel By The River, l’hiver d’une vie

Un an et demi après Grass, le réalisateur coréen Hong Sang-soo poursuit sa profilique carrière avec Hotel By The River, qui comprend au casting Ki Joo-bong, Kim Min-hee, Song Seon-mi, Kwon Hae-hyo, Yoo Joon-sang et nous plongeant dans les déambulations d’âmes esseulées…

Avec Hotel By The River, Hong Sang-soo nous convie à un drame intimiste sondant le mal-être, pour un conte hivernal solennel qui, malheureusement, ne parvient pas à réellement toucher le spectateur.

Le scénariste et réalisateur coréen poursuit son analyse des rapports humains, avec comme point d’orgue l’amertume et l’introspection, comme en témoigne ce nouveau long-métrage, nous entraînant sur le chemin de la lamentation, à travers les trajectoires croisées d’un père et d’une jeune femme, résidents tout deux dans un hôtel quasi-désert, situé dans un cadre bucolique, où le calme est propice à la réflexion.

Ainsi Hotel By The River nous invite à un moment de contemplation mais également de psychanalyse, explorant la notion de lien émotionnel, pour un résultat en demi-teinte. Si le style est plus épuré et poétique qu’habituellement, ce que la réalisation en noir et blanc met particulièrement en avant, Hong Sang-soo se repose sur ses acquis au niveau de l’écriture, ressassant ses thématiques phares, en l’occurrence ici l’étude des relations hommes/femmes et de la mélancolie, sans réelle plus-value par rapport à ce qui a été fait précédemment dans sa filmographie.

Les atermoiements de nos personnages principaux, à savoir un poète se sentant arrivé à l’hiver de sa vie et une femme fraîchement séparée de son mari, sont le moteur du film et dans la plus pure tradition du cinéaste, chacun va exprimer ses ressentis durant de longues conversations, le premier convoquant de ses deux enfants pour une discussion à coeur ouvert tandis que la seconde se confie sur l’explosion de son couple à son amie, venue la réconforter. De ces échanges, ressortent la difficulté de tisser des liens, que ce soit dans la cellule familiale ou dans l’intimité du couplé mais également des différences et les incompréhensions entre hommes et femmes, les deux genres se comprenant rarement.

Si la mélancolie est au rendez-vous, un sentiment renforcé par la prestation toute en subtilité et sincérité du casting, Ki Joo-bong, Kim Min-hee, Song Seon-mi, Kwon hae-hyo, Yoo Joon-sang nous faisant croire aux états d’âme de leurs personnages, pour autant le charme n’opère pas réellement, Hong Sang-soo semblant rapidement faire le tour de son sujet, qu’il a mainte fois traité. L’impression que le réalisateur tourne en rond se ressent particulièrement en filigrane, ce qui empêche le spectateur d’être réellement embarqué dans les peines et les questionnements mis en lumières, les ficelles nous amenant à la conclusion étant visibles et attendues, d’où une certaine frustration lors du fondu au noir final.

Propice à la contemplation et l’intériorisation, Hotel By The River est un drame intimiste désenchanté, observant à la loupe les rapports humains. Sympathique à suivre, ce dernier cru de Hong Sang-soo se complaît néanmoins dans une mécanique sans surprise pour pleinement convaincre, malgré une distribution soignée, le réalisateur se reposant un peu trop sur ses acquis.

HotelByTheRiver

© Jeonwonsa Film Co.

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