[Critique] J’y Crois Encore, garder la foi

Un an après La Voix Du Pardon, les frères Andrew et Jon Erwin sont de retour à la réalisation avec J’y Crois Encore, un biopic centré sur le chanteur américain Jeremy Camp et sur sa romance de jeunesse, comprenant au casting K.J. Apa, Britt Robertson, Melissa Roxburgh, Gary Sinise et Shania Twain.

Poursuivant le sillon tracé avec La Voix Du Pardon, Andrew et Jon Erwin nous livrent avec J’y Crois Encore une bluette musicale où sentimentalisme et religion s’entremêlent pour délivrer des messages sur l’amour et la foi qui sont explicités à outrance, faisant ainsi perdre toute subtilité à un sujet sensible.

Le scénario du long-métrage, co-écrit par Jon Erwin et Jon Gunn, se base sur un fait réel à savoir la relation entre le chanteur de rock chrétien Jeremy Camp et Melissa Henning, son premier amour. Romance tragique, on s’attendait à ce que l’accent soit mis sur le mélodrame, ce qui est effectivement le cas puisque les violons (ou plutôt les guitares dans ce cas précis) sont de sortis, pour mieux faire pleurer dans les chaumières. Véritable tire-larmes, J’y Crois Encore s’attarde à nous montrer qu’il ne faut jamais perdre espoir et se battre pour ceux que l’on aime. Le couple Jeremy/Melissa va ainsi subir une série d’épreuves du début à la fin, entre triangle amoureux, rupture puis maladie, frappant la jeune femme, un événement qui va réunir nos deux tourtereaux, voulant profiter de la vie tant qu’ils le peuvent.

Entre espoir et doute, nos amants vont s’unir corps et âmes, affrontant main dans la main ce mal qui ronge Melissa, ensemble dans les bons comme dans les mauvais moments, qui seront malheureusement nombreux.. Alors que le traitement de ce combat face à la mort aurait pu être traité avec force sans en faire des tonnes, l’inverse se produit, les scénaristes mettant surtout en avant la question de la foi, voulant à tout prix prêcher la bonne parole. Ce parti-pris n’est pas étonnant vu qu’il s’agit de la marque de fabrique des réalisateurs sauf que ce sermon est trop souvent rabâché, renforcé par l’utilisation des titres de Jeremy Camp dont on suit, en parallèle, le chemin vers le succès dans le milieu musical chrétien.

En voulant à tout prix provoquer l’émotion et faire couler les larmes, J’y Crois Encore se montre agaçant car tout est attendu. Sauf qu’à se concentrer sur ce sentimentalisme grandiloquent sur le papier, à l’écran nos réalisateurs en ont oublié leur direction d’acteurs, K.J. Apa et Britt Robertson essayant de sauver les meubles comme ils peuvent, cette dernière s’en sortant d’ailleurs mieux que son comparse avec une partition plus crédible malgré le peu de subtilité dans l’écriture. On peut tout de même apprécier la bande originale, qui reprend les chansons de Camp, interprétées par Apa qui se débrouille bien vocalement.

Avec J’y Crois Encore, Andrew et Jon Erwin délivrent leurs messages habituels sur la foi, qui trouvent un écho particulier dans ce biopic sur Jeremy Camp et son histoire d’amour tragique. Prônant la combativité et l’espoir, cette bluette adolescente se perd très vite dans une avalanche de clichés du genre et d’effets dramatiques destinés à titillés nos glandes lacrymales. Un manque de délicatesse nuisant au long-métrage qui, aussitôt vu, est déjà oublié.

J'y Crois Encore

© Studiocanal GmbH / Michael Kubeisy

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