[Critique] Bad Boys For Life, à l’épreuve du temps

Dix-sept ans après Bad Boys II, Will Smith et Martin Lawrence reprennent du service dans la peau des agents Mike Lowrey et Marcus Burnett pour Bad Boys For Life réalisé par le tandem Adil El Arbi/Bilall Fallah (Black, Gangsta) et renouant avec nos policiers de choc alors qu’une vendetta personnelle va les mettre à l’épreuve…

Relancer une franchise après des années d’absence n’est pas chose aisée et la plupart du temps ce pari pour le moins risqué se solde par un échec (demandez aux fans de Die Hard et Terminator par exemple ce qu’ils pensent des derniers opus de leur saga fétiche). Prenant la relève de Michael Bay, à l’oeuvre des deux premiers longs-métrages, le duo belge Adil El Arbi/Bilall Fallah s’en sort avec les honneurs avec Bad Boys For Life, livrant une série B digne des années 90, production Bruckheimer oblige.

Les deux réalisateurs parviennent à proposer un troisième volet qui ne dénature pas l’essence de la saga, qui repose essentiellement sur le cocktail explosif formé par l’abattage de la paire Will Smith/Martin Lawrence et l’omni-présence de l’action mais ne se contentent pas de se reposer sur ces acquis et y apposent leur patte .
Si la folie furieuse, poussée à l’extrême par Bay dans le deuxième opus, est plus effacée, le chaos est tout de même présent, servant de ressort scénaristique permettant de faire évoluer nos personnages. Le Bayhem laisse place à une violence plus viscérale et le ton se veut plus sombre dans ce Bad Boys For Life qui apporte une touche de maturité bienvenue.

Le scénario, co-écrit par Joe Carnahan, Chris Bremner et Peter Craig, met notre duo phare face aux poids des années et ainsi l’heure est à la remise en question pour Mike Lowrey et Marcus Burnett, chacun d’eux traversant une crise existentielle à des degré divers, entre volonté de partir en retraite et envie de vengeance. La comédie est bien entendu présente et l’humour adopté fera mouche selon la sensibilité de chacun, quoiqu’il en soit si les blagues ne sont pas des plus raffinées, l’alchimie entre Will Smith et Martin Lawrence suffit à nous divertir, les deux acteurs étant le noyau dur de Bad Boys, ce qui se vérifie une fois de plus dans ce troisième volet où leur fraternité et leurs prises de bec font le sel du long-métrage.

Ce qui se démarque par contre est l’aspect dramatique, qui se développe à travers l’intrigue de Mike, qui voit sa carapace se craqueler alors qu’il est pris pour cible et ramener à sa condition de simple mortel, permettant au personnage et à Will Smith de proposer un jeu plus grave entre deux blagues, ce qui est bon à prendre. Ironie du calendrier, cette évolution n’est pas sans rappeler le récent Gemini Man d’Ang Lee, qui s’était également amusé à mettre à mal notre superstar et à le confronter à une version rajeunie de lui-même, une idée que l’on retrouve clairement ici.

Bien entendu, le scénario n’est pas des plus travaillés et si l’on peut reprocher que certaines scories propres aux conflits générationnels ne sont pas épargnées, avec l’introduction d’une nouvelle équipe, de même que l’aspect alambiqué de l’intrigue principale tournant autour de cette vendetta meurtrière, tenant de la telenovela, un défaut ouvertement souligné, l’ensemble tient la route, à l’échelle de la franchise et le spectacle est garanti, rien de plus.

Au niveau de la réalisation, là aussi il est compliqué de passer après le cyclone Michael Bay, d’autant plus après l’excentricité de sa mise en scène dans Bad Boys II mais Adil El Arbi et Bilall Fallah s’en sortent très bien, avec un style certes plus posé, qui aide à la lisibilité des scènes d’actions mais avec une caméra qui n’oublie pas d’être nerveuse quand il le faut. Les séquences musclées ne manquent pas et les deux hommes réussissent à trouver leurs marques, proposant ainsi des idées bien pensées en terme de cadre et de mouvements, en particulier durant le dernier acte. Par contre, soulignons quelques ratés concernant certains effets numériques qui ont marqué notre rétine, ce qui est dommage mais ne gêne pas outre-mesure.

Avec Bad Boys For Life, Adil El Arbi et Bilall Fallah font repartir la franchise portée par Will Smith et Martin Lawrence sur de nouvelle bases, plus sombres, ajoutant un soupçon d’épaisseur aux aventures rocambolesques de notre duo de choc, ce qui n’est pas pour déplaire. Série B au doux parfum des années 90, ce troisième volet est du pur cinéma pop corn qui, à l’image de ces prédécesseurs a pour principale mission de divertir les amateurs d’action, ni plus ni moins, ce qui est le cas ici. 

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