[Critique] Notre dame, l’art du désordre

Film d’ouverture de la vingtième édition de l’Arras Film Festival, Notre Dame est le nouveau long-métrage de Valérie Donzelli qui, quatre ans après Marguerite & Julien  revient derrière et devant la caméra aux côtés de Pierre Deladonchamps, Virginie Ledoyen, Thomas Scimeca, Bouli Lanners ou encore Philippe Katerine pour nous raconter comment un concours lancé par la mairie de Paris pour réaménager le parvis de Notre-Dame va malencontreusement perturber l’existence d’une architecte à la vie déjà bien agitée.

Après une parenthèse romantique avec Marguerite & Julien, Valérie Donzelli revient à ses premières amours à savoir le burlesque avec Notre dame, qui fait souffler un vent de folie dans la capitale parisienne.

La fantaisie est logiquement au centre du scénario que l’actrice/réalisatrice à co-écrit avec Benjamin Charbit (En Liberté !) nous aspirant dans une zone de turbulences pour le moins débridée. Le coeur du film est le personnage principal à savoir Maud Crayon, une architecte accaparée par son travail, ses deux enfants et un ex-compagnon pour le moins collant. Par un concours de circonstances des plus improbables, un de ses projets est lauréat pour réhabiliter le parvis de Notre-Dame, un événement fortuit qui va la prendre de court et la mener dans une spirale pour le moins incontrôlable où vie privée, vie professionnelle et publique vont s’entremêler.

L’univers concocté par Valérie Donzelli et son co-scénariste se veut excentrique et cela se confirme à la vue de la trajectoire des principaux protagonistes ainsi que du cadre choisi. Dans un Paris où les gens se mettent des claques, les éléments vont échapper à notre architecte entre la difficulté de mener à bien son projet artistique et mettre de l’ordre dans sa vie familiale chaotique. Le désordre règne en maître aussi bien à l’écran qu’à l’écrit puisque le script part dans tous les sens, ce qui au final pénalise le long-métrage. Si nous saisissons les message véhiculés, que ce soit sur l’appréciation de l’art ou sur l’art de se remettre de ses échecs, ceux-ci sont perdus dans la tempête d’idées qui parsèment Notre dame.

Ce rythme hyper-actif fait que nous survolons à une vitesse folle bon nombre d’éléments, les sous-intrigues se multipliant mais ne formant pas un ensemble hétérogène, ce qui va égarer plus d’un spectateur. Cela se retranscrit également dans la gestion des comédiens, la galerie de personnages présents ne permettant pas à tous de sortir réellement du lot à part le trio composé de Valérie Donzelli, Pierre Deladonchamps et Thomas Scimeca qui porte avec enthousiasme le film.

Du côté de la réalisation, l’amour de l’art se ressent dans la mise en scène de Donzelli qui rend hommage au cinéma, aux comédies musicales et au théâtre sans oublier à l’architecture à travers cette histoire folklorique, donnant lieu à des séquences poétiques. Renforcée par des effets de style et une photographie colorée, la réalisatrice parvient à instiller ce parfum de folie douce qui imprègne cette oeuvre cinématographique.

Avec Notre dame, Valérie Donzelli nous propulse dans un univers complètement barré pour une expérimentation artistique qui, si elle ne manque pas d’extravagance, s’éparpille trop pour réellement embarquer le spectateur dans ce tourbillon de la vie, malgré toute la bonne volonté de son casting principal. 

Notredame

© Scope Pictures – Les Films de Françoise

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