[Critique] Lola Et Ses Frères, les fêlures de la vie

La dix-neuvième édition de l’Arras Film Festival s’est ouverte avec Lola Et Ses Frères, le quatrième long-métrage de Jean-Paul Rouve dans lequel il donne la réplique à Ludivine Sagnier, José Garcia, Pauline Clément et Ramzy Bedia pour nous intéresser aux relations fraternelles et aux aléas de la vie.

Quatre ans après Les Souvenirs, Jean-Paul Rouve s’associe à nouveau à l’auteur David Foenkinos pour le scénario de Lola Et Ses Frères, qui est cette fois une idée originale. La famille est un thème récurrent dans les oeuvres réalisées par l’acteur et celle-ci n’y fait pas exception.

Rires et surtout émotions règnent dans cette tendre histoire mêlant conflits familiaux et difficultés de la vie. Humanité et sincérité sont les maîtres mots du long-métrage et si à l’image de son trio principal le résultat n’est pas sans défaut, à cause de petites baisses de régime, on retient la chaleur émanant du tout.

Même quand la légèreté laisse place à de la gravité, Jean-Paul Rouve et David Foenkinos ne tombent pas dans le pathos en désamorçant la situation par une petite note d’humour et cela fonctionne, évitant de plomber l’atmosphère. Au niveau de la comédie, les répliques sonnent justes et font sourire à l’image du discours de Pierre au mariage de Benoit ou de la réaction de ce dernier lors d’une annonce importante de sa femme.

Lola Et Ses Frères se révèle touchant lorsqu’il évoque les fêlures de ses personnages, d’ailleurs au niveau de la réalisation, Rouve use d’une parabole pour appuyer son propos avec la destruction d’immeubles à l’ouverture du film. Notre vie peut s’écrouler, se fissurer, on peut toujours réussir à se relever, se reconstruire. Lola, Pierre et Benoit font face à des épreuves plus ou moins importantes et leur réaction face à de tels obstacles est le point fort du long-métrage, chacun préférant se cacher dans les non-dits plutôt que de s’ouvrir aux autres. Difficulté à fonder une famille, à garder une situation stable, des sujets traités de façon délicate.

C’est surtout la prestation des acteurs qui fait la force de Lola Et Ses Frères avec en premier point la complicité évidente entre Jean-Paul Rouve, Ludivine Sagnier et José Garcia qui parviennent à nous faire croire en cette relation fraternelle les unissant. Deuxièmement, le jeu centré sur la sobriété réussit à tout le monde mais plus particulièrement à José Garcia qui se montre vulnérable et Ramzy Bedia, attachant dans la peau de Zoher, sorte de voix de la sagesse et agissant en tant que catalyseur face aux doutes et incertitudes des personnages l’entourant. Saluons également les partitions de Pauline Clément, qui ajoute un côté décalé à Sarah la femme de Benoit ainsi que Gabriel Naccache, formant un bon duo père/fils avec José Garcia sans oublier des seconds rôles savoureux.

Avec Lola Et Ses Frères, Jean-Paul Rouve signe un nouveau long-métrage respirant la sincérité avec une sympathique plongée dans le quotidien d’une fratrie attachante devant affronter les vicissitudes de la vie, qui doit son charme à son casting au diapason. 

Lola Et Ses Frères

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