Depuis quelques années, le body horror est un genre qui se conjugue au féminin sur le territoire français, et ce grâce à l’émergence de figures telles que Julia Ducournau et Coralie Fargeat, qui auront su rayonner avec des propositions fortes – que ce soit Titane ou The Substance. De quoi susciter des vocations. Suivant cette mouvance, Marion Le Corroller – qui aura fait ses armes à La Sorbonne avant de se diriger vers l’écriture et la réalisation – gravit petit à petit les échelons du septième art.
Remarquée pour ses deux courts, Dieu n’est plus médecin puis Poupée fondue, qui laissait transparaître un goût particulier pour les productions horrifiques, la cinéaste se prépare à plongeon dans le grand bain qui devrait faire du bruit – et déstabiliser le public au passage.
Pour son premier long-métrage, intitulé Sanguine, Marion Le Corroller s’immerge dans l’enceinte d’un établissement hospitalier, qui s’apprête à devenir le théâtre d’événements peu ragoûtants, dépassant l’entendement du personnel. Alors qu’elle doit jongler avec des cadences infernales, le milieu étant en crise, la jeune Margot – interne – va perdre pied en côtoyant des patients de son âge aux symptômes pour le moins mystérieux…et inquiétants.
Une intrigue qui permettra à la réalisatrice de démontrer par la fiction horrifique que le travail, ce n’est pas la santé, comme elle l’évoque dans sa note d’intention quant à ce passager derrière la caméra : « Mon appétence pour le film de genre m’a tout naturellement amenée à disséquer cette idée d’adaptation au monde du travail d’un point de vue charnel. L’Homme évolue en fonction de son environnement, il mute perpétuellement pour s’y adapter. C’est la base même de l’évolution humaine. Je me suis alors posée cette question : et si pour résister à la violence du monde professionnel, les jeunes n’avaient pas d’autre choix que de muter pour s’y adapter ? Si de
nouvelles espèces d’Hommes se créaient en arrivant sur le marché du travail ? Cette idée est au cœur même du film et s’incarne sous la forme d’une enquête frissonnante. »
Porté par Mara Taquin, Karin Viard, Kim Higelin ou encore Sami Outalbali, Sanguine va avoir les honneurs d’un présentation à Cannes en Séance de Minuit avant de patienter pour son entrée en service, attendue pour le 28 octobre en salles.
