Diffusée sur la plateforme Streamz fin 2025, The Best Immigrant s’est dévoilé aux spectateurs du Festival Séries Mania en France, où elle concourt dans la catégorie Panorama International (deux épisodes […]
Diffusée sur la plateforme Streamz fin 2025, The Best Immigrant s’est dévoilé aux spectateurs du Festival Séries Mania en France, où elle concourt dans la catégorie Panorama International (deux épisodes sur cinq ont été projetés). Imaginée par Raoul Groothuizen et Cristina Poppe, cette production belge comprenant au casting Jennifer Heylen, Farouk Ben Ali, Saïd Boumazoughe, Greg Timmermans, Evelyn Chen, Charlotte Timmers ou encore Louis Talpe nous plonge dans une Flandre devenue indépendante et se laissant griser par la radicalité, amenant à des dérives quant à la question du droit du sol…dont la mise en place d’une émission controversée destinée à obtenir un titre de séjour.
Dans une société occidentale se fracturant chaque jour un peu plus, où la polarisation des débats amène à des débordements en tous genres, la question de la souveraineté nationale déchaîne les passions. Que ce soit en France ou en Belgique, comme en témoigne la récente arrivée de The Best Immigrant sur Streamz, qui n’a pas manqué de faire réagir. Et pour cause, avec cette série d’anticipation (qui se rapproche cruellement de la réalité) Raoul Groothuizen et Cristina Poppe pointe du doigt les dérives identitaires fragilisant nos démocraties, un sujet sulfureux électrisant les sphères politiques et médiatiques – pour des raisons populistes et financières. À une époque où l’apaisement n’est plus à l’ordre du jour, l’évocation frontale de cet engrenage du repli sur soi et de ses conséquences paraît pertinent – d’autant plus lorsque cela permet d’offrir un miroir qui n’est presque plus déformant sur notre déshumanisation.
Se voulant une dystopie, ce drame nous propulse au cœur d’une Flandre devenue indépendante suite à l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement d’extrême droite, bien déterminé à suivre à la lettre son agenda. Ce qui mène rapidement à la promulgation d’une loi forte, exigeant le départ de toute personne qui n’étant pas née sur le territoire. Une annonce choc créant un séisme au sein d’une population cosmopolite, qui n’en sera plus une d’ici très peu de temps. Ne perdant pas une minute pour nous présenter ses enjeux, le show nous expose les dangers d’une nation se radicalisant à vitesse grand V, en multipliant les séquences perturbantes – à l’image des arrestations de citoyens étrangers dans la rue, sur leur lieu de travail, faisant désormais écho à ce qu’il se passe au pays de l’Oncle Sam avec l’ICE. Un sens du timing bien flippant, floutant les lignes de la fiction pour mieux capter l’attention du public.
Dans ce chaos ambiant, ajoutez une bonne dose de cynisme de la part de producteurs peu scrupuleux, et vous obtenez la création d’une émission que l’on pourrait penser caricaturale mais qui ne l’est plus tant que cela. The Best Immigrant donc. Une télé-réalité au concept tapageur et ravageur, où des migrants doivent s’affrontent dans des épreuves humiliantes afin de prouver qu’ils méritent de rester. Le sésame de ce spectacle dégradant ? Un permis de séjour, crucial pour ne pas être expulsé manu militari. Pour le jeune couple Muna et Jamal, figures de proue de l’intrigue, ce jeu est perçu comme l’unique chance de rester ensemble. Mais pour ne pas se retrouver séparés par des milliers de kilomètres, que seront prêts à accepter nos protagonistes ? Là réside le cheval de bataille de The Best Immigrant, qui s’évertue à montrer que le vivre-ensemble est en voie de disparition.
Entre des participants réduits à leur statut d’immigrés, une productrice ne pensant qu’au buzz et un présentateur d’une arrogance crasse, le tournage de ce show peu reluisant vire au chemin de croix pour tout le monde devant et derrière les caméras. Les scénaristes n’y vont pas par quatre chemins pour provoquer le malaise, ce qui ne pourra que diviser (à raison) le public qui découvrira la série. Ce qui était le but recherché donc mission réussie.