Figure du cinéma indépendant américain, Wes Anderson aura su bercer le milieu du septième art de sa folie douce, de sa poésie mélancolique au gré de ses ouvrages, qui lui permirent d’affirmer son style. Fort de ses trois décennies de carrière, notre cinéaste adepte de la symétrie et de la colorimétrie pastel vient de voir son talent être mis à l’honneur par un pays qu’il affectionne particulièrement – jusqu’à en faire le théâtre de l’un de ses longs-métrages (en l’occurrence The French Dispatch) – la France.
Alors que se profile la sortie de son douzième film, The Phoenician Scheme, attendu pour le 28 mai en salles passée une présentation en bonne et due forme au 78e Festival de Cannes, le réalisateur se voit mis à l’honneur par l’équipe de La Cinémathèque avec au programme une rétrospective mais surtout une exposition – ce qui est une première pour ce dernier, ravi de collaborer aux côtés de l’organisme en fournissant des documents originaux histoire de parfaire cette balade mémorielle produite en collaboration avec le Design Museum de Londres et American Empirical Pictures. De quoi nous donner envie d’y aller faire un tour et de comprendre les rouages de l’esprit créatif de cet autodidacte inspiré et inspirant.








Ainsi, jusqu’au 27 juillet, les amateurs de Wes Anderson peuvent déambuler dans les couloirs de La Cinémathèque pour découvrir les multiples facettes de sa filmographie, de ses années fondatrices aux côtés des frères Wilson (Owen et Luke) à sa progressive montée en puissance au sein de l’industrie, où maîtrise de la mise en scène va de pair avec sens inné de l’esthétisme, donnant naissance à un style à part entière. De Bottle Rocket à Asteroid City, en passant par La Vie Aquatique, The Grand Budapest Hotel ou encore sa récente expérience Netflixienne avec le court La Merveilleuse Histoire de Henry Sugar (et trois autres contes) – qui lui a permis d’être récompensé d’un Oscar – les différentes zones de l’exposition façonnent une frise chronologique détaillant la production de chacun de ses ouvrages.
Une plongée côté coulisses ne manquant pas de charme, revenant à la fois sur la travail du réalisateur avec ses fidèles collaborateurs, que ce soit Roman Coppola, Alexandre Desplat, Robert Yeoman ou encore Adam Stockhausen – offrant en parallèle un regard tendre sur cette fameuse patte Anderson, carnets de travail, croquis, storyboards, ou encore photographies soulignant le sens du détail de notre homme, qui sait parfaitement retranscrire à l’écran ce qu’il imagine dans sa tête. Et pour couronner le tout, cette exposition dispose d’une belle panoplie d’objets, costumes et reproductions, invitant à se replonger dans les univers inventés par notre rêveur et ses équipes. Parmi les pièces maîtresses, un modèle réduit peint à la main du Darjeeling Limited, une imposante réplique du Grand Budapest Hotel et bien entendu, les marionnettes utilisées pour la production de Fantastic Mr. Fox et l’Île aux Chiens, films tournés en stop-motion, démontrant de la volonté du fantaisiste cinéaste d’élargir ses horizons question réalisation tout en privilégiant ce côté artisanal qui a aidé à sa renommée.
Des éléments donnant du cachet à cette exposition, qui ne peut que plaire aux amateurs de Wes Anderson. Avis à ceux qui ne peuvent se déplacer, sachez qu’un catalogue officiel de près de trois cent pages vient d’être publié, contenant illustrations inédites et d’entretiens exclusifs.