Depuis quelques semaines, Warner Bros. Discovery ne cesse de faire les gros titres, l’entité nouvellement formée (issue de la fusion entre la Warner et Discovery) subissant les conséquences de la restructuration orchestrée par le grand manitou qu’est David Zaslav, qui s’emploie actuellement à faire le grand ménage dans les locaux. Avec comme objectif principal de réaliser 3 milliards d’économies avant de s’attaquer à la concurrence, le grand patron n’y va pas par quatre chemins entre l’absorption de HBO Max au sein d’une plus grande plateforme et de la suppression d’un grand nombre de projets, l’heure est au branle-bas de combat au sein de la société.

Parmi la vague d’annulation actuellement en cours, notons la volonté de s’attaquer en premier lieu au monde de l’animation, qui en prend malheureusement pour son grade. L’exemple le plus probant reste – pour le moment – le sort réservé à Infinity Train, programme populaire tout simplement rayé de la carte, toute trace de son existence ayant été gommée, ce qui est tout bonnement scandaleux. Même cas de figure dans l’univers DC Comics avec le cas Batgirl, le long-métrage d’Adil El Arbi et Bilall Fallah ayant lui aussi été purement effacé des serveurs de la Warner. Dans un tel contexte, difficile de prédire quelles productions ressortiront indemnes de ces coupes drastiques. Ce qui nous amène à un projet qui allie ces deux domaines en grand danger, une série animée mettant en vedette le Chevalier Noir – ne manquant pas de potentiel.

Annoncée officiellement il y a de cela un an, ce projet, intitulé Batman : Caped Crusader, devait être l’occasion de se replonger dans les ruelles sombres de Gotham City et ce huit ans après Beware The Batman. L’intérêt de cette nouvelle itération se situait dans l’équipe technique à la manœuvre puisque du beau monde étant regroupé derrière la caméra. Attachés à sa production, notamment J.J. Abrams et Matt Reeves, qui sont actuellement les instigateurs d’un renouveau au sein de DC. Par le biais de sa compagnie Bad Robot, Abrams a une multitude de projets en préparation, dont le développement de Justice League Dark, ce qui fait suite à son juteux contrat signé avec WarnerMedia – qui jusqu’ici n’est pas des plus perturbés par la réorganisation de la marque DC Comics. De son côté, Reeves a réussi son examen d’entrée dans la Distinguée Concurrence avec The Batman, porté par Robert Pattinson, qui a récolté 770,8M$ de recettes dans le monde, un succès qui vient de l’aider à également décrocher un deal pour poursuivre son aventure dans l’écurie, avec à la clé un droit de regard, assurant une certaine liberté à sa société 6th & Idaho.

Mais le nom retenu avant tout par les fans est celui de Bruce Timm, producteur exécutif du programme, synonyme un gage de qualité en ce qui concerne la mythologie DC. En effet, notre homme n’est autre que le co-créateur de Batman : La Série Animée aux côtés d’Eric Radomski, programme culte des années 1990 et fer de lance du DC Animated Universe. En trente ans d’activités, le showrunner/scénariste/animateur a notamment supervisé Superman : La Série AniméeBatman Beyond, Justice League ou encore Green Lantern. Certain du potentiel de cette mouture, le trio aux manettes de Batman : Caped Crusader, s’était déclaré – à l’annonce de la série – « plus qu’enthousiaste à l’idée de collaborer ensemble et de raconter de nouvelles histoires captivantes centrées sur Gotham City […] La série sera palpitante, aura un rendu cinématographique et évoquera les racines noires de Batman, tout en plongeant plus profondément dans la psyché de ces personnages iconiques. Nous avons hâte de partager avec vous ce nouvel univers. »

Si Timm, Reeves et Abrams étaient confiants quant à ce projet, qui était l’occasion de creuser davantage le sillon de Batman : La Série Animée en opérant un virage plus adulte, David Zaslav n’a pour sa part pas été convaincu. Dans son optique de rentabilité, le big boss de Warner Bros. Discovery s’est séparé du show (parmi une liste qui ne cesse de se rallonger), qui ne sera par conséquent pas diffusé sur la future plateforme de la compagnie. Maglré cette mauvaise nouvelle, sa production n’est aucunement stoppée, l’idée étant de proposer Caped Crusader à d’autres chaînes, services de streaming, laissant pointer une lueur d’espoir dans cet océan d’obscurité. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour que la série trouve un refuge et puisse être diffusée. Affaire à suivre.

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