Habitué depuis la tendre enfance à sa bienveillance et sa naïveté, le public que nous sommes va prochainement découvrir une nouvelle facette de Winnie L’Ourson, figure mielleuse que beaucoup ont connu à travers ses nombreuses aventures sous le giron de Disney. Symbole de l’innocence, l’ours le mieux léché de la culture populaire va ainsi voir rouge et briser son image à grand renfort d’effets sanguinolents. Comment est-ce possible ? Nous allons tout vous expliquer.

Né sous la plume de l’écrivain britannique Alan Alexander Milne en décembre 1925, qui s’est inspiré de son fils Christopher Robin et de son ourson en peluche fétiche, ce cher Winnie a tout d’abord connu une existence couronnée de succès dans le domaine de la littérature avec un recueil de nouvelles – publié un an plus tard. Ouvrage qui aura rapidement dépassé les frontières de l’Angleterre pour se faire une solide réputation un peu partout dans le monde. Une renommée internationale, qui prendra une toute autre ampleur lorsqu’au début des années 1960 un certain Walt Disney – alors au fait de sa gloire – négocia avec les héritiers de l’auteur et la société de production Stephen Slesinger, Inc. (qui détenait les droits sur le sol américain et canadien) un contrat d’exclusivité pour adapter les histoires imaginées par Milne sur le petit et le grand écran. Le point de départ d’un parcours prolifique où l’univers de Winnie L’Ourson a pu se développer à travers des moyens et longs-métrages ou encore des séries, permettant de consolider sa popularité dans l’imaginaire collectif. De quoi rendre les excursions au cœur de la Forêt des rêves bleus des plus agréables. Jusqu’à aujourd’hui.

En effet, sur le sol américain, les droits du livre original viennent de tomber dans le domaine public (cela arrivera en 2026 au Royaume-Uni), laissant ainsi le champ libre à n’importe quel artiste ou producteur de se servir de ce matériel de base pour fomenter les projets qu’ils souhaitent sans le moindre soucis. La seule limite est donc de se référer uniquement aux éléments des nouvelles publiées dans les années 20, ce qui implique un Winnie sans son emblématique t-shirt rouge ou encore l’impossibilité de se servir de tous les personnages, certains ayant été conçus à posteriori. Ce qui nous amène donc à Winnie The Pooh : Blood and Honey, la toute première production à s’être engouffrée dans la brèche, suscitant logiquement la curiosité. Quel en est son sujet ? Préparez-vous à être surpris…

Jagged Edge Productions

Oubliez l’adorable ourson, celui-ci s’apprêtant à devenir une bête féroce avide de violence et de sang – à défaut de miel. Comme son titre l’indique, le long-métrage revisite l’œuvre de A.A. Milne à la sauce horrifique, assombrissant un tableau des plus guillerets. Interrogé à ce propos dans les colonnes de Variety, Rhys Waterfield, le réalisateur de ce film indépendant a donner davantage de détails sur cette virée sauvage dans celle que l’on pourra renommer la Forêt des sombres cauchemars. Au menu de ce délire qui ne sera pas à mettre entre toutes les mains, le passage vers le côté obscur de Winnie et de son camarade Porcinet, lui aussi auréolé d’une image bienveillante. La raison de ce virage à 180° ? Jean-Christophe, meilleur ami de notre ours, dont l’absence va provoquer un changement drastique.

« Jean-Christophe (Christopher Robin en version originale) s’est éloigné d’eux, ne leur donnant plus de nourriture, ce qui a eu de quoi rendre compliquer l’existence de Winnie et Porcinet » souligne Waterfield, « Livrés à eux même, ces derniers sont revenus à l’état sauvage. Ils ne sont plus domestiqués, régressant en un ours vicieux et un porcelet à la recherche d’une proie ».

Pour nous donner un meilleur aperçu de ce à quoi nous devons nous attendre, le réalisateur a donné les grandes lignes d’une future scène marquante, où notre tandem fait des siennes : Alors qu’une jeune femme se relaxe dans son jacuzzi, Winnie et Porcinet jouent les voyeurs et décident de s’en prendre à elle. Après l’avoir chloroformée et traînée hors de l’eau, les maléfiques compères mettent le curseur un cran au-dessus en se servant d’une voiture pour achever leur victime. Tout un programme donc. « C’est bien entendu effrayant mais il y a quelques touches d’humour avec des plans improbables sur un Winnie au volant d’une voiture, avançant au ralenti pour commettre son crime » ajoute le cinéaste, indiquant qu’il n’y aura pas que les humains qui passeront à la moulinette, un personnage connu de la mythologie – dont nous tairons l’identité pour le moment – subissant lui aussi le courroux de ses ex-partenaires de jeu. Il n’y a pas à dire le carnage va être au rendez-vous.

Se voulant un cocktail acide entre horreur et comédie – dixit Waterfield – Winnie The Pooh : Blood and Honey a été tourné en dix jours en Angleterre, non loin de la Forêt d’Ashdown, qui a servi de base à la Forêt des rêves pour l’anecdote et devrait très prochainement être visible en DTV, sa distribution s’effectuant via ITN Studios, société spécialiste du genre. Une curiosité qui devrait faire parler d’elle lors de sa sortie, que ce soit en bien ou en mal.

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