Après une parenthèse télévisée, qui aura duré près de douze ans, le réalisateur britannique Peter Cattaneo (The Full Monty, The Rocker) fait son retour à la tête d’un long-métrage avec The Singing Club, qui réunit au casting Kristin Scott Thomas, Sharon Horgan, Jason Flemyng, Amy James-Kelly, Greg Wise, Lara Rossi, Emma Lowndes ou encore Gaby French et se consacre à la formation d’une chorale féminine dans l’enceinte de la garnison de Flitcroft dans le Yorkshire…

Initialement prévu pour le grand écran, The Singing Club a été privé d’une exploitation en salles, se retrouvant diffusé en exclusivité sur Canal + il y a quelques mois. Désormais disponible en vidéo, le nouveau long-métrage de Peter Cattaneo est accessible à un public plus large. Tiré d’une histoire vraie, celui-ci retrace avec légèreté et sensibilité la création de la toute première chorale de femmes de militaires, pour un feel-good movie qui, s’il compose avec une gamme pour le moins classique, joue une mélodie qui n’en reste pas moins agréable.

Ainsi, le scénario co-écrit par Rachel Tunnard et Rosanne Flynn se consacre sur ces compagnes de soldats devant faire face au départ de leur moitié en nous plongeant dans l’enceinte d’une garnison, en l’occurrence celle de Flitcroft. Alors que la Guerre d’Afghanistan mobilise les troupes britanniques, nous suivons ce qu’implique le départ de ces hommes et femmes sur leur conjoint(e) à travers le parcours d’une galerie de personnages féminins pour une immersion permettant de mettre à l’honneur ceux qui restent au pays et doivent continuer à mener la barque, coûte que coûte. Une résilience qui est au cœur de The Singing Club et qui s’associe plutôt bien au pouvoir cathartique de la musique.

Pour atténuer l’angoisse quant aux nouvelles du front, lorsqu’il est possible d’en avoir, nos ‘sœurs d’armes’ se réunissent et se réconfortent par le biais ‘actvités diverses. Une soupape de respiration nécessaire, offrant une parenthèse bienvenue dans un quotidien où plane le spectre de la mort. Ce besoin de s’aérer l’esprit se traduit ici par la création d’un chœur, avec comme maîtresses d’orchestre Kate, l’épouse du colonel, et Lisa, deux femmes aux méthodes diamétralement opposés. Comme on pouvait s’y attendre, les scénaristes s’amusent avec cette notion de disharmonie, entre conflits interne entre nos deux cheffes et difficultés inhérentes à la formation d’une chorale, où il faut tâtonner avant de trouver le ton juste. Des balbutiements attendus, d’où un certain manque de surprises, avec un développement progressif où les fausses notes s’estompent pour laisser place à un final où la mélodie s’affine avec un concert en ligne de mire.

Un cheminement classique mais qui s’agrémente d’une mise en parallèle avec les turpitudes de nos femmes d’honneur, avec notamment un traitement du deuil délicat, qui vient ajouter une épaisseur supplémentaire au film, sans en faire trop ce qui est appréciable. Comment affronter l’absence d’un être aimé ? Une question à laquelle il est dur de trouver des réponses, un point visible notamment avec les sous-intrigues concernant Kate, devant composer avec le décès de son fils et Sarah, la petite nouvelle, devant faire face aux conséquences cruelles de la guerre. De ce fait, entre les moments bonne humeur s’intercalent des instants d’émotions et ce sont ces passages qui ajoutent un certain cachet à The Singing Club, grâce notamment à la performance de Kristin Scott Thomas, qui se montre convaincante lorsque la coquille de son personnage – austère – se craquelle, ainsi que la partition pudique d’Amy James -Kelly, qui se démarque parmi les seconds-rôles.

Pour son retour à la réalisation, Peter Cattaneo continue s’osciller entre comédie et drame, livrant avec The Singing Club un feel-good movie laissant la part-belle à ses actrices, laissant sa caméra être spectateur des répétitions de cette chorale qui met du baume au coeur. Malgré une trame dont on connaît la musique, la performance de notre sororité, menée avec force par le tandem Kristin Scott-Thomas/Sharon Horgan, qui est au diapason malgré la dissonance règnant entre leur personnage respectif. Entre bons sentiments et émotion, ce divertissement, de facture classique, se laisse tout de même suivre avec plaisir, et donnera à coup sûr envie à certains de fredonner les chansons revisitées tout au long du long-métrage.

© Pyramide Distribution

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