Six ans après son premier long-métrage, Le Secret Des Finch (sorti récemment disponible en DVD en France) le réalisateur Simon Stone est de retour derrière la caméra avec The Dig, l’adaptation du roman éponyme de John Preston réunissant au casting Carey Mulligan, Ralph Fiennes, Lily James, Ben Chaplin, Monica Dolan, Johnny Flynn, Arsher Ali, Ken Scott ou encore Archie Barnes et nous faisant suivre les fouilles archéologiques ayant mené à l’une des découvertes les plus considérables de l’histoire anglo-saxonne…

Pour son second long-métrage, Simon Stone livre une adaptation fidèle du roman de John Preston, nous conviant ainsi avec The Dig à un drame contemplatif nous éclairant sur l’excavation de l’un des sites archéologiques les plus importants d’Angleterre, mettant en lumière les artisans qui ont participé à cette entreprise historiquement cruciale pour la recherche.

En effet, il est question ici de la mise au jour de Sutton Hoo, un emplacement situé dans le Suffolk qui a permis de révéler une richesse d’éléments issus du haut Moyen-Âge, dont un cimetière et un bateau funéraire daté du début du VIIe siècle, levant en partie le voile sur la civilisation anglaise vivant à cette période. Une trouvaille cruciale pour les professionnels du métier et historiens, les aidant à analyser un pan du passé du pays. Pour les plus curieux d’entre vous, sachez que les artéfacts exhumés de ce lieu sont exposés au British Museum, la propriétaire du terrain où se sont effectués les recherches à la fin des années 30, Edith May Pretty ayant fait don de ce trésor à la Nation. C’est d’ailleurs de son initiative qu’ont débuté les travaux ayant mené à ces trouvailles inestimables, point de départ du livre et du long-métrage.

The Dig revient sur l’entreprise organisée par Mrs. Pretty et nous plonge à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, époque trouble où l’émergence d’un conflit armé est dans toutes les têtes. Alors qu’une épée de Damoclès plane au-dessus de toute l’Europe et que le futur s’assombrit petit à petit, c’est dans les entrailles du passé que jaillit l’espoir et l’émotion. Lorsque notre riche veuve décide d’employer un archéologue amateur, Basil Brown – un autodidacte également féru d’astronomie – afin d’examiner les tertres présentes sur sa propriété, ce qui s’apparentait à une fouille anodine se transforme en une exploration passionnée et passionnante. Précis et minutieux, tout comme la tâche de ces professionnels cherchant dans la terre le témoignage de civilisations antérieures, le scénario co-écrit par Simon Stone et Moira Buffini joue avec la notion de temps et d’héritage pour un drame introspectif.

Quelle trace laisse t-on en ce bas monde de notre vivant et après notre mort ? Des questions qui retranscrivent le parcours commun d’Edith et de Basil, la première se voyant confrontée au spectre de la grande faucheuse et le second se dévouant corps et âme dans cette quête, à la recherche de réponses sur les origines de ces mystérieuses sépultures, quitte à mettre sa propre vie entre parenthèse. Cette dévotion sans faille est l’une des forces de The Dig, d’autant plus que le rôle primordial de Mr. Brown dans la découverte de Sutton Hoo a trop longtemps été caché, ce dernier n’ayant eu qu’un rôle de faire-valoir durant des décennies avant que l’on ne remarque sa réelle importance dans ces fouilles. La réhabilitation offerte par le roman de John Preston et l’adaptation de Simon Stone n’est donc que justice et l’on apprécie la critique du milieu de l’archéologie, où ego et rivalités prennent le pas sur l’essence même du métier.

Un point qui réhausse le niveau de la seconde partie du long-métrage, qui dévie un peu de son sujet alors que nous arrivons à l’étape de la mise au jour des trésors du bateau funéraire. Un évènement coïncidant avec l’arrivée d’une nouvelle galerie de personnages, dont Peggy Preston, Stuart Piggott et Rory Lomax incarnés par Lily James, Ben Chaplin et Johnny Flynn, qui vont se retrouver au cœur d’un triangle amoureux. Une romance qui ne paraît pas à sa place, sa dramaturgie dénotant avec l’intrigue nous accaparant ici, pour ce qui s’avère n’être qu’un ressort scénaristique malvenu, malgré la talent des trois comédiens qui ne peuvent rien à cette bluette des plus classiques. Niveau émotionnel, il y avait déjà fort à faire avec Edith et Basil, qui ont chacun leur storylines personnelles et familiales pour toucher une partie du public, entre chagrin, non-dits et peur de s’ouvrir aux autres. Un destin croisé qui est digne d’intérêt grâce à la partition de Carey Mulligan et Ralph Fiennes, qui composent avec des protagonistes attachants et parviennent à transmettre les failles, les doutes et les regrets de ceux-ci d’un simple regard, un silence valant mille mots.

Si elle est emprunte d’un certain classicisme, la réalisation de Simon Stone ajoute un certain cachet à The Dig, son sens du naturalisme aidant à l’instauration de cette atmosphère nébuleuse. Se voulant simple, sa mise en scène met avant tout en avant la richesse de l’environnement qui entoure nos protagonistes, la campagne du Suffolk étant magnifiée par une photographie baignée de lumière signée Mike Eley. Privilégiant les plans larges, Simon Stone perd nos protagonistes dans des décors immenses, soulignant qu’entre terre et ciel, entre passé et présent, nous sommes peu de choses sur cette planète et n’y faisons qu’un passage.

S’il est académique dans sa forme et s’essouffle dans sa seconde partie, The Dig n’en reste pas moins un drame lumineux et contemplatif qui remet en contexte l’une des découvertes archéologiques essentielles du siècle dernier et analyse cette notion fondamentale qu’est le temps en s’interrogeant avec finesse sur l’héritage que nous laissons derrière nous après notre existence. Simple mais beau.

© Netflix

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