[Critique] Connectés, règlements de comptes virtuels

Pour son premier long-métrage, Romuald Boulanger évoque un sujet ô combien d’actualité à savoir la pandémie du coronavirus et plus précisément l’une de ses conséquences, le confinement. Intitulé Connectés et désormais disponible sur Amazon Prime Video, ce film réunit François-Xavier Demaison, Nadia Farès, Claudia Tagbo, Stéphane De Groodt, Audrey Fleurot, Pascal Demolon, Michaël Youn, Vanessa Guide, Dorothée Pousséo, Franck Dubosc et convie le spectateur à un ‘apéro’ virtuel ne se déroulant pas du tout comme prévu…

Avec Connectés, Romuald Boulanger ouvre la voie aux films traitant du coronavirus, étant la première oeuvre française centrée sur le confinement, un projet qui peut donner quelque peu opportuniste vu le contexte actuel. En cette période, nous avons clairement besoin de nous aérer l’esprit plutôt que de se confronter à la pandémie mais malheureusement, que ce soit sur le petit ou le grand écran nous sommes bien partis pour se replonger malgré nous dans cette atmosphère anxiogène.

On aurait pu pardonner ce mauvais timing si le projet avait du sens et qu’il y avait de l’idée derrière cette visio-conférence entre amis. Convier un casting orienté ‘comédie’ et les plonger dans un thriller 2.0 semblait un postulat qui aurait du donner un résultat intéressant à suivre. Sauf qu’au final, cet apéro en mode règlements de comptes peine à convaincre à cause de plusieurs facteurs, à commencer par son scénario. Signé par le réalisateur en personne, celui de Connectés lorgne du côté d’Unfriended ou encore Searching avec son concept reposant entièrement sur l’utilisation des nouvelles technologies pour nous immerger dans une histoire racontée à travers des écrans interposés. Laissant peu de marge à la mise en scène, les plans fixes devenant vite redondant, il faut donc que l’intrigue tienne la route sur la longueur pour que l’on reste jusqu’à la fin. Sauf que ce n’est pas le cas.

Ainsi, nous suivons le rituel d’une bande de potes qui se retrouvent pour un apéritif virtuel, qui devient la norme dans une France confinée. Ce qui s’annonçait comme un rendez-vous sympathique se voit plombée par la situation du couple formé par Nadal Farès et Pascal Demolon, désormais séparés. De quoi fragiliser l’équilibre du groupe, d’autant plus que ce dernier semble avoir coupé les ponts avec ses camarades, jusqu’à temps qu’il se connecte pour rejoindre la conversation….et se faire agresser en direct par un braqueur ! Armé d’une arme et avec l’idée d’en découdre, notre malfrat va mettre à mal la soirée de nos camarades en révélant plusieurs secrets bien gardés…Passé une introduction mollassonne et des personnages auxquels on ne croit pas un instant à l’amitié qui les lie, on se dit alors que cette prise d’otage va alors permettre à Connectés de décoller et de nous surprendre.

Si l’on peut tout de même souligner que les retournements de situation s’enchaînent à un bon rythme, là encore incapable de se laisser entraîner dans ce thriller et d’angoisses pour nos personnages. Pourquoi ? L’écriture pose clairement problème avec des dialogues peu inspirés, surtout quand il s’agit d’évoquer le confinement avec idées reçues à la clé mais également un déroulement bancal scénaristiquement parlant. D’une part, dès l’entrée en scène de notre mystérieux malfaiteur, il est facile de reconnaître l’acteur derrière le masque et les lunettes noires à cause de ses mimiques de jeux et l’intonation de sa voix – malgré qu’elle soit modifiée. Le mystère central sera donc rapidement éventé pour certains spectateurs. Ensuite, les multiples coups de théâtre mettant à mal les relations de ces soi-disant amis (rivaux serait plus approprié) servent surtout à nous présenter des protagonistes antipathiques, oú chacun a fait des crasses à l’autre.

S’il y avait un soupçon d’ironie, de second degré ou même une quelconque tentative d’humour noir, ce lavage de linge sale aurait pu s’avérer un minimum divertissant. Sauf que le long-métrage joue le premier degré permanent et rien ne paraît crédible lorsque le vrai visage de chacun est révélé au grand jour, ce qui est imputable à la mauvaise direction d’acteurs. La quasi-totalité du casting, hormis Dorothée Pousséo, Vanessa Guide et Franck Dubosc – qui sont à peine présents – semblent lâchés en pleine nature sans aucune indication de jeu et cela se voit à l’écran, la justesse étant loin d’être de la partie, ce qui est dommage et pénalise encore plus le film.

Malgré un concept qui était intriguant et une distribution réunissant du beau monde, Connectés se rate sur à peu près tous les niveaux à cause d’un scénario faiblard – qui aurait gagné à être cynique et teinté d’humour noir – mais également d’une réalisation plate sans oublier une direction d’acteur inexistante, des défauts empêchant de passer un bon moment devant cette soirée rocambolesque auquel on ne croit pas un instant.

Amazon Prime Video

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