[Critique] Nous, Les Chiens : Face à la cruauté de l’Homme

Huit ans après Lili À La Découverte Du Monde Sauvage, les réalisateurs sud-coréens Oh Sung-yoon et Lee Choon-Baek sont de retour derrière la caméra pour Nous, Les Chiens, film d’animation qui nous fait suivre une bande de canidés devant se serrer les pattes dans un monde qui ne les a pas épargnés…

Avec Nous, Les Chiens, Oh Sung-yoon et Lee Choon-Baek livrent un film d’animation  engagé, sortant des sentiers battus du genre quant à sa thématique de l’abandon, en adoptant un point de vue sombre et réaliste quant au sort de ces animaux victimes de la cruauté de l’Homme.

Le scénario du long-métrage, écrit par Oh Sung-yoon se concentre sur la force et le courage de ces chiens se retrouvant lâchement livrés à eux-mêmes, à travers le parcours de Moong-chi, se retrouvant sur le bas-côté de la route alors que son maître a décidé que sa compagnie n’était plus nécessaire. Un point de départ donnant le ton quant au traitement de ce sujet, cru et ne faisant pas dans la subtilité, pour un périple qui ne laisse de répit ni à nos amis à quatre pattes ni au spectateur.

La maturité et la profondeur affichées qui font la particularité de Nous, Les Chiens, qui n’a pas de mal à nous embarquer dans ce voyage, ce retour à l’instinct sauvage, qui repose sur cet antagonisme entre espoir et désespoir. Du pire peut surgir le meilleur et Oh Sung-yoon joue sur la corde sensible face au destin de Moong-chi et ses compagnons de fortune, qui ont subi les affres de l’être humain et ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour daigner s’en sortir. La mort et la violence ne nous sont pas épargnés, servant d’électrochoc aux plus jeunes comme aux adultes et si cette succession de tragédies peut sembler un poil forcé sur la longueur, le message quant aux conséquences de l’abandon et des sévices sur les animaux se veut clair et touchera tout le monde.

Si nos personnages sont traumatisés et le désenchantement de mise, le film n’oublie pas de se montrer un tantinet optimiste, apportant quelques rayons de ce soleil dans ce tableau grisâtre. La relation entre nos canidés et le lien les unissant à travers les épreuves traversées est ce qui ajoute du chien au métrage. De cet esprit de camaraderie naît notre attachement à cette joyeuse bande et on se ravi de leur sort lorsque l’espoir de jours meilleurs et de réconciliation avec l’Homme pointent le bout de leur nez.

Apprécions également la réalisation Oh Sung-yoon et Lee Choon-Baek et le style apporté à l’animation, mélangeant 2D et 3D, notre galerie de chiens en CGI évoluant dans des décors peints à la main pour un résultat qui ne manque pas de charme. Des quartiers sombres, témoignant de la noirceur des humains, aux paysages verdoyants, où la nature reprend ses droits, ce voyage à travers ces tableaux dépeignant la Corée-du-Sud est riche et colorée. Un clair-obscur ajoutant une plus-value non négligeable au film.

Avec Nous, Les Chiens, Oh Sung-yoon et Lee Choon-Baek nous prennent par les sentiments et ne laissent pas indifférent avec ce film d’animation traitant sans fard de l’injuste sort réservé à bon nombre d’animaux de compagnie. De l’obscurité à la lumière, cet ‘incroyable voyage’ nous montre que dans l’adversité, le courage et la solidarité aident à traverser les tempêtes. 

NousLesChiens

© The Jokers Films

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