[Critique] Sex Education, saison 2 : l’amour et ses petites contrariétés

Un an après le succès critique et public de sa première saison (elle a été visionnée par près de 40 millions de foyers durant son premier mois), la série britannique Sex Education, conçue par Laurie Nunn a fait son retour sur la plateforme Netflix pour une deuxième salve de huit épisodes comprenant toujours au casting notamment Asa Butterfield, Gillian Anderson, Emma Mackey, Ncuti Gatwa, Connor Swindells, Aimee Lou Wood, Kedar William-Sterling et Alistair Petrie.

Après l’excellente surprise qu’avait été sa première saison, Sex Education confirme son statut de série rafraîchissante et pertinente quant à son thématique principale qui, comme son titre l’indique est la sexualité. Les sessions de thérapie reprennent pour notre plus grand plaisir et le statu-quo change avec l’arrivée de Jean en tant que sexologue au sein du lycée d’Otis, de quoi compliquer la donne pour ce dernier et son business fleurissant, un choix scénaristique permettant de pimenter sa recette tout en conservant les mêmes ingrédients, pour un résultat plus que satisfaisant.

Les adolescents de même que les adultes de la charmante bourgade de Moordale ont tout autant les hormones en ébullition, permettant à Laurie Nunn de poursuivre son exploration des mœurs des uns et des autres, dans un ton généralement déjanté mais en n’oubliant jamais de se montrer didactique quant à l’intimité et aux pratiques de chacun, continuant d’être inclusive.
En plus de la question LGBT, toujours abordée avec finesse, cette deuxième saison traite de sujets peu abordés dans les séries de ce genre, que ce soit l’asexualité ou la pansexualité et éclaire le spectateur de manière pédagogue sur ceux-ci. La qualité d’écriture aide à notre intérêt face aux peurs et aux questionnements de nos personnages, puisque l’équipe créative ne les jugent jamais, ce qui fonctionne parfaitement.

Malgré un casting qui ne cesse de s’accroître, avec l’arrivée de nouveaux protagonistes, à l’image de Rahim, l’atout coeur de cette saison 2, interprété par le français Sami Outalbali ou encore George Robinson qui, dans la peau d’Isaac, est un élément perturbateur efficace, qui en énervera plus d’un, de même que la mise en avant de seconds rôles, Sex Education parvient à gérer ses multiples intrigues sans se perdre en cours de route. À l’aise dans la peau de leur pendant fictif, Asa Butterfield, Gillian Anderson, Emma Mackey et tous leurs comparses s’amusent et cela se voit à l’écran, ajoutant un grain de folie bienvenue àcet univers lumineux et coloré qu’est Moordale.

Cette deuxième saison met encore plus en exergue l’amour et ses petites contrariétés, confrontant l’ensemble des protagonistes au pouvoir de l’attraction, en témoigne les nombreux triangles présents durant les huit épisodes proposés, entre celui formé par Otis, Maeve, Ola ou encore celui prenant part entre Eric, Adam et Rahim. La valse des sentiments se poursuit et fait mûrir nos ados, qui doivent trouver leur voie et apprendre à mieux se connaître.
L’évolution est donc de mise, que ce soit pour Otis, qui à trop vouloir chercher la perfection, se prend magistralement les pieds dans le tapis et doit remettre en question son approche de la vie et des relations amoureuses, ou pour Adam, qui est sur le chemin de la rédemption après avoir passé son temps à harceler son prochain. Eric reste fidèle à lui-même, continuant d’être le rayon de soleil de Sex Education et son épanouissement fait plaisir à voir. Quant à Maeve, sa trajectoire est encore une fois synonyme d’émotions, la pauvre n’étant pas épargnée et devant faire face à sa peur de l’abandon et ses sentiments nouveaux pour Otis.

Si les obstacles se mettant sur le chemin de ces derniers et de leur possible couple sont plus classiques dans leur construction, seul reproche que l’on pourrait faire de cette deuxième saison, nous sommes tout de même intrigués quant à leur futur, malgré un cliffhanger rageant.

Pour terminer, ce qui rajoute de l’épaisseur à l’ensemble de cette nouvelle salve d’épisodes est l’accent mis sur les femmes et sur la notion de sororité. De l’émancipation de Maureen, la femme du principal Groff et mère d’Adam, qui sort de l’emprise néfaste de son mari et qui profite de ce second souffle à l’intrigue d’Aimee, plus grave, revenant sur les agressions sexuelles et sur l’insécurité que la gente féminine doit subir dans notre société patriarcale, avec à la clé l’une des plus belles scènes jusqu’ici de la série, à savoir celle du bus, montrant avec succès la cohésion entre nos principales personnages féminins, plus fortes ensemble. Un esprit de groupe que l’on a hâte de voir se consolider dans la troisième saison, qui vient d’être confirmée par Netflix.

Avec sa deuxième saison, Sex Education se consolide est poursuit avec finesse son étude de l’amour, sous toutes ses coutures, traité avec un ton irrévérencieux et décalé, qui permet de délivrer des messages pertinents et bienveillants sur la sexualité, qui vaut de s’y intéresser pour son soin porté à l’inclusion, la force de la série. Les corps et les esprits s’échauffent mais les problèmes de cœur ne sont pas en reste, de même que les faits de société, le tout abordé avec justesse pour un résultat doux et amer. 

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