[Critique] Made In Bangladesh, lutte ouvrière

Deux ans après Les Lauriers – Roses Rouges, la réalisatrice bangladaise Rubaiyat Hossain poursuit son analyse des conditions des femmes dans son pays avec Made In Bangladesh, qui comprend au casting Rikita Shimu, Novera Rahman, Deepanita Martin et s’intéresse au destin de Shimu, une ouvrière travaillant dans une usine textile à Dacca, qui va vouloir changer son quotidien et celui de ses collègues.

Avec Made In Bangladesh, Rubaiyat Hossain pointe du doigts les méfaits du capitalisme et du patriarcat en relatant le combat d’une femme pour faire valoir ses droits.

Basé sur une histoire vraie, la réalisatrice et son co-scénariste Philippe Barrière, livrent un long-métrage engagé, militant pour le respect et l’égalité, une notion qui semble se perdre dans le monde actuel.
Le scénario de Made In Bangladesh est pertinent et très bien documenté, avec un soin apporté aux détails des conditions de travail ainsi qu’aux différentes politiques appliquées dans les milieux où naviguent nos personnages, de l’usine textile aux bureaux administratifs. Dans la société de consommation dans laquelle nous vivons, l’exploitation abusive des travailleuses est une triste réalité, bien trop souvent ignorée et Rubaiyat Hossain se charge de nous le rappeler avec ce plaidoyer pour l’équité.

Symbole de cette lutte ouvrière, Shimu, femme de caractère et de volonté, dont le courage impressionne. Incarnée avec force et justesse par l’excellente Rikita Shimu, qui porte clairement le film sur ses épaules, notre héroïne va s’ériger contre l’injustice régnant dans son environnement professionnel. Un engagement qui va se répercuter sur sa vie personnelle. Ainsi le scénario s’évertue, via le regard de Shimu à nous montrer le parcours du combattant que représente la création d’un syndicat dans un pays tel que le Bangladesh, qui plus est, fondé par une femme. Sans jamais tomber dans le misérabilisme, privilégiant avant tout l’aspect activiste propre à cette intrigue, le long-métrage dénonce les pratiques plus que douteuses des entreprises locales, des acheteurs étrangers et des institutions. L’être humain est sacrifié sur l’autel de l’argent et de la rentabilité, se crevant littéralement à la tâche pour une bouchée de pain. Un constat amer qui accentue l’empathie du spectateur pour la bataille menée par Shimu et ses collègues. Entre patrons belliqueux, mari aigri et autoritaire, sans oublier une administration partisane du moindre effort, l’acharnement de ces femmes pour obtenir gain de cause avec la création de leur syndicat n’en est que plus remarquable. Le patriarcat en prend pour son grade, à raison, tant il est rageant d’apercevoir de tels agissements de la part des hommes, si rétrogrades.

Le combat de ces femmes est mis en valeur par la mise en scène colorée de Rubaiyat Hossain, appuyée par la photographie soignée de Sabine Lancelin, soulignant le bien fondé de cette lutte interne, représentant une lueur d’espoir se dégageant de la morosité de leur quotidien. L’esprit de solidarité est également bien représenté avec la caméra de la réalisatrice, restant au plus près de ses personnages, renforçant l’unisson propre à leur envie de jours meilleurs.

Avec Made In Bangladesh, Rubaiyat Hossain rend hommage à ces femmes courages issues de la classe ouvrière, mettant en avant leur résistance face à des conditions de travail et de vie déplorables dans une société soit-disant moderne mais paradoxalement si arriérée, où s’effectue l’exploitation du plus faible pour enrichir le plus riche. Un puissant plaidoyer de même qu’une fine critique du consumérisme ainsi que du patriarcat.

MadeInBangladesh

© Pyramide Films

3 réflexions sur “[Critique] Made In Bangladesh, lutte ouvrière

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