[Arras Film Festival] Retour sur la vingtième édition

Il y a quelques jours s’est achevée la vingtième édition de l’Arras Film Festival sous les applaudissements et une pluie de paillettes, pour clôturer cette cuvée anniversaire qui a vu, au niveau de la compétition européenne The Father de Kristina Grozeva et Petar Valchanov s’est vu repartir avec quatre prix. Toutes les équipes peuvent avoir le sourire, puisque cette année, la fréquentation a dépassé la barre des 50 000 spectateurs, soit un nouveau record.

Revenons un instant sur cette édition et plus particulièrement sur les films visionnés. Parmi la riche sélection du festival, plus de trois cents longs-métrages proposés, SeriesDeFilms s’est intéressé avant tout aux avant-premières.

Arras_Film_Festival_2019

Sur les dix-neuf films découverts, le drame en était la pièce maîtresse. Si la folie douce de Valérie Donzelli a ouvert cette vingtième année avec Notre dame, par la suite on peut dire que l’ambiance a plutôt été maussade avec la majorité des œuvres portant sur le deuil et les problèmes de société. Le capitalisme, renforçant les inégalités et la lutte des classes, un sujet ô combien d’actualité, était ainsi présent en filigrane dans cette programmation. L’uberisation était notamment de mise dans Gloria Mundi de Robert Guédiguian, Docteur ? de Tristan Séguéla ou encore dans Les Parfums de Grégory Magne. Les gens font ce qu’ils peuvent pour joindre les deux bouts et le sujet est de plus en plus abordé.

Les difficultés du monde rural ne sont pas non plus oubliés et on peut les apercevoir dans Seules Les Bêtes de Dominik Moll, qui signe son retour dans le monde du thriller ainsi que dans Les Vétos de Julie Manoukian qui pointe du doigt les déserts médicaux mais surtout les difficultés des professions médicales.

D’ailleurs, la cristallisation de notre société a très bien été retranscrite à l’écran par Ladj Ly, qui a su capter l’attention du public avec Les Misérables, l’un des points forts de cette cuvée.

La seconde tendance à se dégager durant ces dix jours de visionnage intensif a été que dans la salle de cinéma où les projections se déroulaient, nous avons vu des morts partout. En effet, on peut dire que dans les mois à venir, le cinéma français va s’intéresser à la notion du deuil, thématique au coeur de films comme L’Esprit De Famille d’Eric Besnard, Sol de Jézabel Marquès, Un Vrai Bonhomme de Benjamin Parent, Je Voudrais Que Quelqu’un M’Attende Quelque Part d’Arnaud Viard, Le Meilleur Reste À Venir de Matthieu Delaporte et Alexandre De La Pattelière, traité avec plus ou moins de pudeur, certains réussissant à trouver le bon équilibre pour appréhender la perte d’un proche. Ce qui est certain, c’est que vous verrez les défunts réapparaître aux yeux des vivants, le fantôme devenant un gimmick de la majorité de ces productions. Who you gonna call ?

C’est dans cette ambiance fantasmagorique que s’achève notre passage en revue de l’édition 2019 de l’Arras Film Festival, qui s’est donc montré cohérent avec ces choix puisque deux principales thématiques sont ressorties de la (presque) vingtaine de longs-métrages avalés en dix jours. Dans son ensemble l’éclectisme était de mise, en comptant la compétition européenne, les multiples catégories d’oeuvre à voir avec rétrospectives, les films d’animations, les ciné-concerts, les ateliers divers et variés. Un grand bravo à toutes les équipes officiant sur le festival, toujours au pied de guerre et chaleureux avec tout le monde et à l’année prochaine.

Pour terminer, notez bien dans votre agenda, la vingt-et-unième édition de l’Arras Film Festival se déroulera du 6 au 15 Novembre.

Retrouvez les critiques (d’autres s’ajouteront au fur et à mesure) et interview réalisées dans le cadre du festival ci-dessous :

Notre dame de Valérie Donzelli

J’Accuse de Roman Polanski

Proxima d’Alice Winocour / Interview de la réalisatrice

Les Misérables de Ladj Ly / Interview de Damien Bonnard et Djebril Zonga

Sol de Jézabel Marquès

L’Esprit De Famille d’Eric Besnard

Seules Les Bêtes de Dominik Moll / Interview du réalisateur

Gloria Mundi de Robert Guédiguian

Les Parfums de Grégory Magne

Un Vrai Bonhomme de Benjamin Parent

Je Voudrais Que Quelqu’un M’Attende Quelque Part d’Arnaud Viard

 

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s