[Critique] Je Voudrais Que Quelqu’un M’Attende Quelque Part, rêves et regrets

Pour Je Voudrais Que Quelqu’un M’Attende Quelque Part, son troisième long-métrage en tant que réalisateur, présenté en avant-première lors de la vingtième édition de l’Arras Film Festival, Arnaud Viard adapte librement le roman éponyme d’Anna Gavalda et s’entoure de Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Benjamin Lavernhe, Camille Rowe, Elsa Zylberstein, Aurore Clément et Sarah Adler pour porter à l’écran les joies et les peines d’une famille en apparence unie.

Avec Je Voudrais Que Quelqu’un M’Attende Quelque Part, Arnaud Viard joue sur la corde sensible avec cette chronique familiale tournée vers l’émotion.

Le long-métrage est donc librement inspiré du roman d’Anna Gavalda, dont il reprend seulement certains éléments présents dans la série de nouvelles qui le compose et fait du livre éponyme un ressort scénaristique, qui se centre avant tout sur les rêves et désillusions d’une fratrie.

Les liens qui unissent et désunissent cette famille au coeur du long-métrage sont exploités à la fois individuellement et collectivement pour mieux comprendre les tourments de chacun. Les turpitudes de la vie touche les uns et les autres de manière équitable, tous les personnages ayant de quoi se démarquer au niveau de leur sous-intrigue respective. Entre les regrets de l’aîné, incarné par un Jean-Paul Rouve sobre et sensible, qui se comporte en patriarche pour maintenir l’équilibre des siens mais néglige son propre bien-être ainsi que les soucis divers de ses soeurs et son frère, qui vont de problèmes de couples à soucis financiers et professionnels. Respectivement incarnés par Alice Tagilioni, Camille Rowe et Benjamin Lavernhe, tous nous livrent tous des prestations touchantes et à fleur de peau. Parmi les seconds rôles, Elsa Zylberstein, Aurore Clément et Sarah Adler ne sont pas en reste. La distribution est clairement le point fort du film, les acteurs réussissant à nous embarquer dans leur parcours troublé.

De la bonne entente de départ de ce clan, l’atmosphère devient rapidement maussade avec tous les obstacles qui se mettent en travers de leur route et de leur épanouissement. Basculant totalement en plein milieu du métrage, Je Voudrais Que Quelqu’un M’Attende Quelque Part se dirige à corps perdu dans le mélodrame et pâtit d’un excès de mièvrerie avec bon nombre de scènes tire-larmes. Cette direction vers le pathos divisera le public, pouvant irriter par son absence de subtilité dans son traitement. Face au drame, nos protagonistes vont devoir apprendre à se relever mais surtout tenter d’avancer et d’espérer se rapprocher de leurs rêves et espoirs. Profiter de la chance d’être en vie et honorer les défunts, tels sont les messages délivrés au terme de ce tourbillon d’émotions.

La réalisation d’Arnaud Viard se veut intimiste dans son approche et sa caméra reste toujours proche du cercle familial. Se reposant avant tout sur la direction d’acteur pour provoquer l’émoi, ce qu’il réussit très bien. Sa mise en scène comporte quelques séquences bien pensées, particulièrement celle de la scène charnière du film, faisant son effet grâce à sa sobriété et retenons également la scène de danse de Benjamin Lavernhe au son de New Order qui concilie douceur et tristesse.

Je Voudrais Que Quelqu’un M’Attende Quelque Part est une chronique dramatique sur l’existence, traitant des affres de la vie par le prisme de la cellule familiale, jonglant entre ombre et lumière. Espoir et désespoir s’entremêlent pour un résultat sombrant trop profondément dans le pathos alors que l’ensemble fonctionnait mieux en se contenant d’être doux-amer. Si la profusion d’effets destinés à déclencher nos glandes lacrymales dessert la force de son propos, le film se laisse tout de même regarder pour son casting, Jean-Paul Rouve en tête.

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© Céline Nieszawer – Easy Tiger – UGC Images – France 2 Cinéma – Les 1001 marches

 

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