[Critique] L’Esprit De Famille, l’ombre du père

Quatre ans après Le Goût Des Merveilles, le réalisateur Eric Besnard est de retour à la réalisation avec L’Esprit De Famille, film pour lequel il s’est entouré de Guillaume De Tonquédec, Josiane Balasko, François Berléand, Isabelle Carré, Jeremy Lopez, Marie-Julie Baup. Présenté en avant-première lors de la vingtième édition de l’Arras Film Festival, le long-métrage nous plonge au sein d’une famille devant se remettre de la perte d’un être cher.

LEspritDeFamille

© Apollo Films

Avec L’Esprit De Famille, Eric Besnard nous livre une comédie douce-amère sur le deuil et les relations familiales.

Comment gérer la perte d’un être cher, telle est la question que pose le réalisateur à travers son scénario qui oscille entre drame et fantaisie sans jamais trouver le bon équilibre. Partant d’un postulat tragique à savoir le décès de Jacques, patriarche de la famille, l’intrigue nous amène sur une voie à double-sens où souffle des vents contraires.

Les répercussions de l’absence du père se ressentent sur l’entourage tout entier et L’Esprit De Famille se joue de cette thématique en convoquant les morts, à savoir ici Jacques, qui s’immisce dans la tête de son fils aîné, Alexandre, un ressort scénaristique lui permettant de remettre sa vie en perspective et de faire la paix avec l’ombre de son paternel. Cette relation particulière vaut le coup d’œil pour l’interprétation de François Berléand, qui prend plaisir à jouer les revenants et renforce l’aura poétique que le film essaye d’infuser de temps à autres.

Le problème est que ce soupçon d’originalité se voit contre-balancé par un méli-mélo de sous intrigues touchant tous les membres du cercle familial, mère, frère, femme, belle-soeur, enfants, qui se recoupent via cette histoire de deuil. Tous affrontent cette épreuve différemment et chacun dévoile ses failles pour mieux repartir à zéro et aller de l’avant sauf qu’en se cherchant, le long-métrage finit par se perdre malgré une promesse de départ qui aurait pu être intéressante à suivre.

Malgré un casting solide, Guillaume De Tonquédec Josiane Balasko, Isabelle Carré en tête, on ne peut que regretter les quelques errements qui empêchent l’ensemble d’évoluer harmoniquement, on pense notamment au rôle de la belle-soeur incarnée par Marie-Julie Baup, cantonnée à n’être qu’un gimmick plus ou moins drôle. Comme dit précédemment François Berléand lui survole les autres, ce qui est ironique vu sa partition, et sa fraîcheur est le point positif le long-métrage.

Notons la réalisation d’Eric Besnard, qui met en valeur le cadre bucolique choisi pour cette dramédie à savoir le littoral breton et instaure une atmosphère enlevée au film. Si la mort est présente en substance, le metteur en scène profite de séquences colorées et poétiques réussies pour appuyer sur la vie et sa beauté, à travers de petits moments de grâce.

Avec L’Esprit De Famille, Eric Besnard traite du deuil de manière cathartique et convoque les défunts pour rappeler aux vivants d’avancer et de profiter de leur existence. S’il se tâte trop sur le ton à adopter et se traîne en longueur, le long-métrage n’est pas déplaisant à suivre grâce à sa distribution, François Berléand en tête.

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