[Critique] Men In Black : International, mission à neurolyser d’urgence

Sept ans après la fin de la trilogie Men In Black réalisée par Barry Sonnenfeld portée par Will Smith et Tommy Lee Jones, Sony Pictures ouvre à nouveau les portes de l’agence MIB pour un spin-off élargissant le périmètre d’action de nos agents. Men In Black : International, mis en scène par F. Gray Gary, qui nous emmène dans un périple autour du globe avec Chris Hemsworth, Tessa Thompson, Liam Neeson, Emma Thompson, Rafe Spall et Rebecca Ferguson.

Men In Black : International nous prouve, une fois n’est pas coutume, qu’étendre une saga à succès n’est pas foncièrement une bonne idée. Avec ce spin-off, F. Gary Gray se prend les pieds dans le tapis et livre un long-métrage vain puisque n’ajoutant aucune plus-value à la franchise Men In Black qui se suffisait en elle-même.

Le plus malheureux est de constater à l’écran que ce nouvel opus n’est, pour Sony Pictures et les financiers, qu’une manière de capitaliser sur l’une de ses sagas phares, sans se soucier de la contenance de son produit. En résulte un film manquant cruellement d’âme, où personne ne croit en ce qu’il fait et se demande ce qu’il fait dans cette galère. Preuve de la main mise du studio sur le projet, un récent article de The Hollywood Reporter confirmant la production houleuse de Men In Black : International, où la vision du réalisateur et des scénaristes s’est heurtée à celle d’un producteur.

De ce fait nous ne saurons jamais si ce que voulait nous raconter Matt Holloway et Art Marcum aurait été plus intéressant à suivre ou non. En tout cas l’intrigue du long-métrage ne profite pas assez de son matériel d’origine et l’hommage à la science-fiction présent dans la trilogie de Barry Sonnenfeld ne se ressent aucunement dans le scénario ni dans la réalisation et ne parlons pas de la question des aliens et de leur statut de réfugié, un point aux abonnés absents alors que l’époque actuelle aurait permis des thématiques pertinentes.
Découvrir plus en détails le fonctionnement des différentes branches de l’agence MIB sur la surface de la Terre aurait pu s’annoncer sympathique sauf que tout est trop vite expédié. On nous présente nos nouveaux protagonistes, on fait deux trois clins d’oeil aux précédents volets et l’on passe à une première mission sans avoir réellement eu le temps de s’attacher aux principaux personnages. D’où la difficulté à se sentir investis dans ce qui leur arrive tout au long du film.

Si l’intrigue ne possède pas de temps mort, nous emmenant rapidement d’une mission de routine qui tourne mal vers une histoire de complot, des baisses de rythme sont pourtant perceptibles à cause de l’aspect trop mécanique de la réalisation et du montage. Les agents H et M passent d’un continent à l’autre à une vitesse folle et cette croisade pour sauver le monde et l’agence se fait en mode pilotage automatique, ne laissant que très peu de surprises au spectateur. La menace représentée par les ennemis aurait gagné à être plus intense, car après une introduction convaincante, ils deviennent invisibles, tout comme les sidekicks rencontrés tout du long. Les ingrédients qui nous sont servis ne sont pas homogènes et la recette finale manque de saveur. Où est passée la folie douce qui régnait dans les précédents opus ?

L’absence de Will Smith et Tommy Lee Jones se fait ressentir mais avec son casting, Men In Black : International n’avait pas de quoi rougir, sauf que les acteurs ne parviennent pas à redresser le niveau face au vide qui se tient face à eux. Si Chris Hemsworth et Tessa Thompson tentent tant bien que mal à croire en ce qui leur arrive, peu aidés par le script et les dialogues et leur alchimie n’est pas présente à l’opposé de celle qu’ils avaient sur Thor : Ragnarok de Taika Waititi. Liam Neeson et Emma Thompson essayent de se montrer concernés mais l’ennui se traduit dans leurs expressions tandis que Rafe Spall parvient à s’investir un peu plus que ses camarades dans son second-rôle. Au rayon des ennemis et aliens en tout genre, les frères Laurent et Larry Bourgeois n’ont rien à défendre, à part danser, ce qui est leur métier effectivement alors que Rebecca Ferguson n’offre pas une prestation marquante de même que Ahmed Sylla, qui fait le doublage français de Pawny, qui se révèle être un personnage vite irritant.

La réalisation de F. Gary Gray est inexistante, ce dernier s’étant fait écraser par la pression du studio, on peut comprendre qu’au bout du compte il se soit contenter de livrer un produit lisse et balisé mais il est dommage de constater que sa vision ou sa patte ait été gommé. Il se limite à seulement suivre l’intrigue et de filmer des paysages, c’est tout, aucune trouvaille niveau mise en scène, le minimum syndical.

N’arrivant pas à prouver l’intérêt de sa mise en chantier, Men In Black : International se révèle être un blockbuster estival calibré mais dénué d’âme, laissant un goût d’inachevé. Dommage pour l’équipe technique, des comédiens au réalisateur, qui ne peuvent rien faire pour porter le film vers le haut. Ne mettez pas vos lunettes de soleil et laissez-vous neuroliser pour oublier cet accident industriel, 100% imputable à Sony Pictures et ses producteurs.

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